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Le commencement, page 12

par chroniquesterriennes.over-blog.com 26 Octobre 2013, 09:00

Il courait dans tous les sens, touchait et secouait les joueurs un par un, des statuts, pas le moindre souffle. Ils étaient rigides dans d’étranges postures grotesques et il s’arrêta un instant pour admirer le ballon suspendu entre ciel et terre. Il s’éloigna du terrain de foot, complémentent perdu et désespéré. Sans doute n’était-ce qu’un mauvais rêve. Plus loin dans la rue, pas un mouvement. Il aperçut un groupe de cyclistes chevauchant leur vélo, image de carte postale, photo prise sur le vif. Il marcha ainsi hébété en short et chaussures à crampons, un peu grotesque, dans le village endormi.

Il savourait ses baisers, l’odeur de sa chevelure et il avait honte de ne pas regretter son acte et l’impudeur de tromper sa femme. Le souvenir du récit qu’il avait commencé, traversa son esprit. L’univers qui se fige. C’était une histoire dont le début était prometteur mais dont il n’avait pas la moindre idée du dénouement. Ceci n’était pas digne d’un romancier de sa trempe. Il jeta un œil par la fenêtre, la ville bouillonnait et ils s’allongèrent sur le lit et nouèrent leur corps dans la pénombre.

Il revint vers le stade comme pour rejoindre un refuge, il vit le ballon frapper la barre des buts adverses et s’échouer sur l’herbe, les joueurs s’agitaient autour de lui. Il ne comprenait plus rien.

Le filet d’eau reprit son cours, fluide, froid et il crut qu’il avait fait un étrange rêve éveillé. Son amie s’agitait comme un petit chat pressé dans les draps et il comprit qu’elle l’appelait pour quelques minutes encore de bonheur éphémère.

L’enfant se pencha, se saisit de la plume, il la lança dans les airs et elle ne retomba pas, un homme s’en était saisie avant qu’elle ne s’échoue sur le trottoir. Il avait des allures bienveillantes et rassurantes. Le gamin fut intrigué de l’éclat si bleu de ses yeux. L’homme lui donna la plume.

« Si tu savais dit l’étrange personnage, à quel point je suis embêté, pas pour eux, désignant les passants mais pour toi ».

Et il s’éloigna, d’autres plumes tombaient du ciel…

Ricardo SANTIAGO le 26 octobre 13

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