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Elle déboule.

par chroniquesterriennes.over-blog.com 21 Novembre 2013, 06:49

Elle déboule, sans classe, cheveux teints, visage pâle (hugh), allure sèche, elle a trouvé sa copine qui a un physique plus rond et un regard de basset. Manque de bol elle est assise à côté de moi. Mon copain Roger en face somnole empêtré dans ses soucis de travaux et assommé d’avoir trop travaillé. S’enclenche la machine infernale à débiter des âneries, la fille qui vient de s’installer. En 10 minutes, je connais tout de sa vie qui n’est pas passionnante. Roger pique du nez, j’écoute le récit hystérique d’une banale existence. Elle est tombée enceinte contre l’avis de son père à qui elle ne parle plus et de sa mère à qui elle parle trop. Contre vents et marrées, elle a gardé l’enfant (bâillements). Je ne sais pas ce qu’elle fabrique dans la vie mais le langage utilisé est pauvre et agressif et son amie n’arrive pas à en placer une. La suite ! La suite ! Roger ronfle, il compte les parpaings et voit la facture de ses travaux s’allonger, j’imagine et l’état grippe sous qui applique une TVA qui vient alourdir le prix et alléger le porte-monnaie de mon pote âgé (rires). A côté ça continue de déverser des flots de bla bla, par la grande porte arrive le fiancé, amant, fornicateur et géniteur, l’ancienne maîtresse. C’est Dallas en pays Briard mais en plus chiant. J’aimerais plus d’action. Là ça tourne en eau de boudin, même pas un peu de scènes coquines pour pimenter l’aventure. Disons, je me mets à la place de la pipelette, « Alors tu vois (elle s’adresse toujours à la potiche d’en face), je suis arrivée à la maison, grosse comme un tonneau, enceinte jusqu’aux yeux, avec des faux airs de bonhomme Michelin, qu’entends-je, des petits cris énigmatiques, des couinements de truie, je grimpe les marches qui mènent à la chambre d’où émane ces bruits curieux, le matelas grince. J’ouvre la porte, mon fiancé est là allongé avec son ex. Je crie, je hurle, je suis folle de rage, je me saisis du chandelier que j’écrase sur le visage de mon homme qui s’effondre, je m’empare de la coupable par les cheveux, la fais descendre les marches 4 par 4, j’empoigne un balai qui se trouvait à portée de main et…. ». « Au téléphone je sanglote, j’appelle mon père, lui explique la situation, il me répond pas quelques silences mais arrive bientôt dans la maison du drame ». On enlève toutes traces de sang, on enroule les corps dans des bâches (la bâche et le prisonnier) et on les enterre dans la forêt sous les yeux craintifs des biches, cerfs et autres lièvres intrigués ». Vous pensez bien que je n’ai pas eu droit à cette version savoureuse. Le train arrive enfin, elle continue sans respirer son histoire, Roger s’extrait péniblement de sa torpeur, je ne connaîtrais jamais la fin de cette histoire, bien que je ne suis pas certain que cela soit nécessaire.

Ricardo SANTIAGO le 21 novembre 13

commentaires

S
Bizarre cette histoire...
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