Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le dernier train.

par chroniquesterriennes.over-blog.com 25 Janvier 2015, 16:07

LE DERNIER TRAIN

Le dernier train s’est égaré dans l'assombrissement.

Il s’éloigne sous les lumières blafardes de la gare.

Pourquoi suis-je venu jusqu’ici ?

Sans doute avais-je encore quelques menus espoirs.

Mais non ! Je ne retournerai plus chez moi.

On ne s’aime plus, je n’ai plus la force de la supporter.

Je me perds dans les dédales de la ville, étrangement calme.

Des ombres, croisent mon chemin.

Désabusé, j’avance vers une impasse.

Où dormir ? Dans quel hôtel ?

Mon portable sonne, c’est elle, l'appareil vibre sans fin.

Qui est le voleur d’étoiles ? Le ciel est d'un noir profond.

Le décor est sinistre.

Tout concourt à un adieu, à une libération.

Pour me réchauffer je pénètre dans un bar, le barman lève la tête.

Je demande un café, à l’autre bout du zinc, une grande dame.

Nous échangeons un sourire piteux, j'avance audacieux.

Nous décidons de nous asseoir et comme de vieux amis, nous discutons.

Elle n’est pas rentrée chez elle, je m’étonne que son récit ressemble à ce point au mien.

Ses yeux sont immenses, d’un vert énigmatique.

Qui est l'artiste talentueux qui a dessiné un visage si parfait ?

Ses traits à la fois matures et enfantins, me subjugent.

Je revis.

Mon cœur s’accélère, on nous observe intrigué.

Sa main se pose sur la mienne, délicatement.

Mon téléphone et le sien dispensent une musique que nous dédaignons.

Quel bel écrin ! D’où sortent ces diamants au-dessus de nos têtes ?

Nous sommes, désormais, dans une chambre d'hôtel.

Mes mains remontent le long de ses cuisses.

Ma bouche est gourmande, à genoux, ma langue sait où se glisser.

Nos vêtements jonchent le sol, nos peaux sont collées.

Je m’arrête pour l’admirer, ses jambes m’enserrent.

Sa langue est indocile, mon univers vole en éclats.

S'écaille le tableau suranné, il finira dans un grenier.

Je dessine une nouvelle œuvre, feu d’artifices de couleurs.

Qui a tiré brutalement la couverture ? le jour domine, l'obscurité s'est dispersée.

Je suis dans ce lit, seul. Nulle fragrance voluptueuse.

Le sol se dérobe sous mes pieds, j’ai rêvé ? Je suis troublé.

Je me douche, mécaniquement, je m'habille, finalement retour chez moi.

Les voitures vrombissent, la vie a repris sa marche infernale.

J’imagine hier, le bleu s’assombrit comme par magie.

Peu à peu ma vue se trouble, les images paraissent se déformer.

Où suis-je ? Qui est ce magicien qui se joue de mes sens ?

Je retourne en arrière, me dirige comme un drogué en manque vers ce bar.

Elle est là, au fond de cette salle aux tables bien alignées, éthérée.

Nous échangeons un sourire, un peu marmiteux.

Texte Protégé Copyright © 2015 Ricardo SANTIAGO

Le dernier train.

Haut de page