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Démons et merveilles

par chroniquesterriennes.over-blog.com 15 Février 2015, 10:03

Je te surprends dans cette chambre, un peu dévêtue, la jupe remontée le long de tes cuisses.

Qui est cette amazone qui se pose sur ta fleur ?

Je suis spectateur de vos caresses et ose à peine respirer pour ne pas vous déranger.

Elle lève la tête, se retourne vers moi qui suis là, un peu stupide devant l’embrasure de la porte.

Sa silhouette gracile attire mon regard pendant que tu lui passes la main dans les cheveux.

Tu m’invites à m’approcher, j’avoue que je suis saisi d’une peur irrationnelle et d’une timidité inhabituelle.

Cette inconnue me prend délicatement la main, la pose sur son sein ferme, mon cœur accélère son battement.

Je m’avance plus près d’elle, sa bouche m’attire comme un aimant, je pose mes lèvres sur les siennes, tu nous observes, canaille.

L’auréole roule sur le sol, elle tournoie sur elle-même puis stoppe sa course dans un coin sombre.

Je la vois rutilante à l’autre bout de la chambre, pendant que vos corps s’enchevêtrent au mien.

La nuit s’est parée d’un habit de fête, soie noire et diamants qui scintillent.

La lune est un bijou d’argent précieux et insaisissable.

Tu m’invites à la découverte voluptueuse des arrondis de cette créature.

Tu te délectes de cette fusion, une à une mes plumes s’envolent pour composer un balai étrange.

Je brûle, je me consume devant le tableau de vos chairs sur cette couche.

Tu me demandes ton dû, notre jouet est allongé, satisfait mais pas forcément assouvi.

La sirène escalade vers ton ventre, se nourrit en ton sein.

Les heures passent ainsi et les bras en croix je voudrai à l’instant de nouveau m’envoler.

Je frappe à la porte, comme d’habitude, elle grince, plainte lancinante.

Tu es là, cheveux mouillés, je souris sous les gouttes de pluie.

Tu me demandes si ma journée, s’est bien passée, je réponds machinalement.

Les enfants jouent dans le salon, je retourne à l’image d’Épinal de la famille heureuse.

Dans ma tête dansent des images fugaces, osées, je l’avoue.

Je suis placide, un peu ailleurs, mais je compose pour donner le change.

Nous dînons devant l’écran de télé qui déverse les lamentations d’un monde qui se meurt.

Tu jettes parfois une attention neutre sur moi pendant que les couverts tintent contre les assiettes.

Nous troquons tout un lot de banalités, je me demande, parfois si nous nous entendons.

Les mômes sont, enfin, couchés, sous les draps tu t'approches un peu de moi.

Je sens ton souffle chaud, tu m’entoures de tes bras.

La voûte est d’une couleur noire, opaque, impénétrable, pas la moindre étoile pour me rassurer.

Sur l’écran de ma mémoire des éclats de scènes torrides pendant que ta main se perd un peu plus bas.

Je me retourne à ta grande surprise, je te tourne le dos, je fais mine de m’endormir.

Tu es certainement vexée, je m’en veux un peu.

Un rayonnement vient poignarder mon visage.

L’astre glacial surgit du néant, je sais qu’elles ne vont pas tarder.

Mon doigt roule sur ton visage, tes prunelles brillent, je vais te faire une belle surprise.

  • Protégé Copyright © 2015 Ricardo SANTIAGO
Démons et merveilles

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