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La Nuit (fin)

par chroniquesterriennes.over-blog.com 31 Mai 2015, 09:44

Ce brouillard qui rampe sur le sol, envahit doucement l’appartement, tandis que cette eau bouillante qui ne cesse de se déverser dans la baignoire, dessine un environnement étrange et inquiétant...

Tu t’agites dans ton lit, trop grand.

Tu agrippes les draps, les couvertures jonchent déjà le sol...

Quelles courbes invisibles recherchent avec avidité tes mains agiles ?

A qui appartient cette bouche dont tu quémandes les brûlants baisers ?

Tu ouvres les yeux, les fenêtres sont pleines de buée, tu vas, vacillant, fermer les robinets.

Embrasant du regard ton studio, tu la vois, tu sens son parfum envoutant.

Des gouttelettes roulent sur le verre des faitières, fascinantes telles des êtres vivants.

Le chant mélodieux de cette sirène capte tes sentiments, elle te supplie, elle t'implore, encore et encore...

Tu chavires entre le paradis et l’enfer de tes sens chamboulés.

Ton cerveau va exploser, en mille morceaux !

Mort ?

Oui, c’est ça.

Elle va finir par te tuer...

Mais tu ne peux y résister.

Après tout, n’était-ce pas ton rêve fou cette créature lovée sur ta couche ?

Combien de fois n’as-tu pas pleuré, attendant un zeste d’affection, qu’on s’intéresse à toi ?

Pourtant...

Nul ne se souciait de ta personne.

Ta famille t’avait déjà oublié, et pas la moindre maîtresse pour t’apporter ne serait-ce qu'un tout petit peu d’amour...

Sur cette île de solitude, tu t’éteignais lentement.

Jusqu'à cette rencontre, cette superbe femme qui vint te séduire, toi !

Dans quel endroit était-ce déjà ?

C’est nébuleux dans ton esprit….

Qu’importe !

Rien ne compte plus désormais, si ce n'est de se retrouver, comme par magie, là, toute cette nuit avec elle dans tes bras.

Ressentir sa chaleur, ses caresses, la soie de ses lèvres, pétales sucrés qui te ravissent.

Tu ne vas pas te plaindre tout de même…

Tu plonges de nouveau dans ses abyssales profondeurs.

Tu saisis ses hanches, tu repars sur les chemins voluptueux et charnels de la passion qui consume tout ton être.

Tu te débats avec cette image de papier, ce personnage de fiction, cette suite de mots.

Pour éviter de devenir fou.

Une fois rassasié, tu t’effondres, pantin de tes rêveries, jouet de cette fiction.

Seul, si seul, encore et toujours seul...

Juste ce livre écorné sur ta moquette fatiguée.

Son titre ? « La nuit ».

Dehors la lune luit.

Tu t'es rendormi...

Texte Protégé
Copyright © 2015
Ricardo SANTIAGO

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