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Puisque je te disais que demain serait beau…

par chroniquesterriennes.over-blog.com 12 Juillet 2015, 12:21

Je peux être fier de moi…Le sol est brillant, plus le moindre grain de poussière sur les meubles, la maison brille du sol au plafond.

Je m’avachis sur la banquette et je joue avec la télécommande de mon téléviseur, sur la première chaîne, on fait sauter des têtes.

Des types qui louent un Dieu et emballent les femmes comme des cadeaux de Noël ont trouvé amusant d’occire ainsi les traites et les mécréants (ou les deux à la fois).

Sur la deuxième, la courbe des demandeurs d’emplois qui plongent et un gros bonhomme qui me dit que tout va bien.

Je sanglote devant des séries télé bien pourries où on ignore que le monde tombe en morceaux.

Je casse mon balai, je piétine ma pelle, je lance le seau chez les voisins, ils tombent sur la tête du vieux con derrière les lauriers qui hurle au crime.

Word, plus de plume pour m’inventer un univers mais mes mains qui courent sur le clavier et je débute mon histoire.

Il était une fois dans une demeure immense, mes murs s’étirent comme par magie où les meubles étaient en bois précieux, disparaissent les miens achetés à vil prix chez Ikéa.

A chaque nouvelle phrase, mon environnement évolue au gré de mon imagination.

Le sol luit sous mes pieds, des dalles en marbre remplacent celles en plastique.

Je l’imagine, soudain, au loin, se morfondre, princesse esseulée, abandonnée, désespérée et je ne chéris pas les récits éplorés.

Mes vêtements se déchirent sous la poussée brutale d’ailes dans mon dos, je m’envole, les fenêtres s’ouvrent miraculeusement.

Ainsi, je suis l’ami des nuages que je transperce, j’écarte les oiseaux de mes bras, ils ne m’en veulent pas, ils savent que je vais sauver la grande dame en danger.

Les tortionnaires d’aujourd’hui qui remplacent les monstres d’hier, d’un claquement de doigts explosent comme des baudruches.

Serais-je un Dieu ? Sur les miséreux, choient des pièces d’or, ceux qui ont faim, seront rassasiés, les usines ne crachent plus leur venin.

Avec seulement les touches de mon clavier, la terre devient un Paradis où l’amour et la tolérance sont les uniques armes.

Sur les places, on se blottit les uns contre les autres, on s’embrasse dans les rues, on s’aime aux feux rouges.

Elle est assise devant son ordinateur, couche ses maux à demi-mots, ses larmes se métamorphosent en mille diamants.

J’apparais comme une statue d’église, ailes largement déployées, elle m’offre son sourire, je lui tends la main, je pose ma bouche sur la sienne, nous frissonnons et nous nous élevons.

Puisque je te disais que demain serait beau…

Protégé Copyright © 2015 Ricardo SANTIAGO

Puisque je te disais que demain serait beau…

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