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LE SAUT DE L'ANGE

par chroniquesterriennes.over-blog.com 28 Octobre 2015, 16:43

LE SAUT DE L'ANGE

Elle est infidèle, passant de lit en lit, sans beaucoup de fierté. Femme facile, qui ne se respecte plus, ne s’aime pas, partie un beau matin me laissant prostré. Je me suis ridiculisé, agenouillé en pleurant, implorant pour qu’elle reste, appelant au téléphone, lui adressant mille messages, en vain... Puis, les larmes ont séché, je t’ai rencontrée, je ris de mon attitude passée. Dieu ! Que tu es belle ! Ta peau est fine et douce, mes mains sont avides de tes courbes. Tu me murmures des « je t’Aime » en me caressant sous les couvertures, je frissonne quand tu assièges mon corps, bouleversant toute mon âme. Ne parvenant pas à dompter ta langue indocile, je me nourris à la pointe de tes seins, puis à la source de vie où je puise ton miel sucré. Ma Vie, mortifère hier, est devenue ce volcan bouillonnant depuis que nous fusionnons tous deux sous les étoiles. J’ai fait des confettis des images fanées, je les jette au plafond, ils dansent dans les airs. Ensuite, j'ai brisé une à une, non sans malice, les anciennes reliques me retenant encore attaché à cette épouse crapuleuse. Les draps sont déchirés, les plumes d'oreiller virevoltent. Mon Amour, offre-moi ma dose de toi... Combien fus-je stupide de m’accrocher à ce monstre alors que toi ma fleur, tu m’attendais. Poupée de cristal à laquelle je dédie ma Vie, si demain tu me trahissais, je n’y survivrais pas. Mais, tu m’écris des poèmes, des récits épiques, mon cœur s’emballe dès que j’entends ton prénom. Si je m’arme de larmes, c’est de peur de te perdre. Ce poison qui avait sapé ma confiance, s’évacue peu à peu de mon esprit, suis-je grand comme tu me l’affirmes ? Arrivée comme un ange tombé du ciel, ma très belle, alors que j’étais à terre, tu m’as ouvert les portes d’un espoir sans fin. Entrainé dans ton univers entre les cieux et les flammes de l’enfer, tu m’extrais plus haut pour échapper à mes démons. Ne m’abandonne pas maintenant ! Tes yeux scintillent comme des diamants, je suis un survivant. Une nouvelle fois, elle s’était fait jetée comme une malpropre, pas d’autre choix que de revenir chez elle, retrouver ce mari pour lequel elle ne ressent qu’un mépris poli. Par chance, fourbe jusqu’au bout des doigts, elle avait conservé la clef de leur appartement au cas où… La porte grince, comme le cri d’un esprit plaintif, la dame se prépare à jouer son numéro, il lui baisera les pieds, ricane-t-elle. La clef choit sur le sol, un tintement métallique, cette affreuse vision la submerge violemment. Il git sur un tapis de plumes, de papiers déchiquetés et de couvertures déchirées, maculé de sang, les bras suppliciés. Cette fois, ses simagrées seront bien inutiles… Il ne lui pardonnera pas. « Dis-moi ? Où suis-je ? » La grande dame me sourit, me voici rassuré. Les nuages s’écartent doucement, je les aperçois. Ils me sourient, oui, je comprends... Ils m’attendent, bienveillants.

Texte Protégé Copyright © 2011 Ricardo SANTIAGO

LE SAUT DE L'ANGE

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