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VOILA !

par chroniquesterriennes.over-blog.com 28 Février 2016, 17:50

Chaque jour, dans la capitale, je croise Bobos pressés et nantis arrogants.

On pourrait inverser aisément, Bourgeois prétentieux et ploutocrates alertes.

Dans le bus, des ménagères m'écrasent les pieds avec leur poussette.

Comprenez que je sois un peu contrarié...

La matin, je prends le train et le soir le train me prend.

J'écoute les conversations stériles de gamines narcissiques.

Parfois, je cogne des marrons à des gamins qui fument des pétards.

C'est pas une vie…J'ai cette chance, cependant, d'appartenir à la famille des gens qui travaillent.

Quand j'arrive au boulot, je serre des mains et  me  les lave  autant de fois que de mains serrées.

La grande Dame qui n'aime pas les répétitions me lorgne l'air réprobateur, soit !

Devant mon ordinateur, je suis surveillé par tous les N+des numéros au-dessus de moi.

Ce sont des chefs et ils ont forcément raison, ils sont plus opulents que je ne le suis.

Iris me houspille, "Tu ne parles que de toi" dit-elle.

Mais de qui d'autre puis-je parler, je ne connais que moi.

Où en étais-je ? Entre le travail et le train, il y a le métro.

Je subis les concerts incessants de gens de l'est comme on dit pudiquement.

On me souffle dans le nez et je respire les aisselles des uns et des autres.

Doux Jésus ! Ce n'est pas une vie !

Heureusement, le soir je suis dans mon pavillon de banlieue.

Il ressemble aux maisons des Monopoly.

Je suis chauffé au gaz et j'ai un jardin où poussent des cerises.

Ma femme est partie un matin et je ne l'ai pas vue réapparaître.

Sans doute, de belliqueux extraterrestres l'ont-ils enlevée pour faire des expériences sur elle.

Ainsi, donc, je m'occupe de mes trois enfants puis je surfe sur le net pour trouver une épouse, dite de substitution.

Autant vous le dire, je suis pas trop mal physiquement, même si je ne suis plus tout jeune.

Au fond, vous dégainez des capsules de Nexpresso et le tour est joué.

Les femmes ne résistent pas à un bon café.

Vous ai-je dit que j'ai une page FB ?

On nomme cela un mur, on y met photos, des mots bien sentis et des gens "likent".

Le mien est un peu le mur des lamentations, les miennes…Alors comme nul n'y va, je m'aime.

Elle déboule, gracieuse, avec sa cigarette, comme souvent elle parcoure ma prose.

Une faute d'orthographe et c'est un coup de règle, j'apprécie la douleur.

Puis, nous nous installons sur le fauteuil et nous refaisons le monde.

Le feu crépite dans la cheminée qui n'existe pas et on fait l'amour sur une peau de bête virtuelle.

Voilà…..

Texte Protégé Copyright © 2016 Ricardo SANTIAGO

VOILA !

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