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LE CHASSEUR DE NUAGES

par chroniquesterriennes.over-blog.com 12 Mars 2016, 22:21

LE CHASSEUR DE NUAGES

Je suis bien, là-haut, toucher le soleil, sautillant d’étoile en étoile.

Je lustre la lune pour qu’elle brille comme un sou neuf.

Parfois, je suis un chasseur de nuages, ces affreux monstres gris.

Je combats, vaillamment, les orages qui grondent.

Je lutte contre les éclairs qui zèbrent le ciel.

Les journées sont harassantes mais c’est ma mission.

Cependant, souvent, Je suis éploré.

Pourquoi continuer dans l’ombre à jouter ?

Je regarde, assombri, votre monde.

Dans ces moments d’interrogations, je parle à Dieu, « A quoi bon, Seigneur ? ».

« Vous avez prêché, l’amour du prochain et c’est la haine qui règne au quotidien ».

« Pourquoi continuer ainsi à m’user alors que l’homme ne se respecte plus ? »

Dieu m’a demandé de descendre sur terre.

Afin que je découvre la raison de son pardon éternel.

A regret, j’ai quitté mon univers pour rejoindre les hommes.

« Aimez-vous les uns, les autres. »

Sur terre, j’ai observé et débuté ma quête.

Les premiers temps furent laborieux et cruels.

J’enjambais des pauvres qui dormaient sur le sol, sans que nul ne s’en soucie.

J’étais emporté par des machines sans cœur, prêtes à vous écraser.

A regarder plus attentivement, les flammes de cet enfer se sont dissipées.

Une fois puis deux, des mains saisirent d’autres mains.

Dans un coin, des couples s’enlaçaient.

Ailleurs, on sauvait des vies, on ramassait ceux qui étaient tombés.

Là, des tableaux flamboyants et des sculptures gracieuses sous des mélodies capiteuses.

Des flots de larmes m’emportèrent encore plus loin.

Je comprenais, enfin.

Elle est apparue au moment où mon cerveau vacillait, mes certitudes s’étaient effondrées.

Précieuse, elle promenait sa silhouette un peu altière.

Je m’approchais poussé par une étrange sensation.

Étais-je le jouet de Dieu ?

Quels furent mes premiers mots ?

Les anges n’ont pas de sexe dit-on. Pourtant mon sang bouillonnait, mon âme était suppliciée.

Je ne savais où me conduisait cette odyssée.

Elle m’a raconté ses souffrances, ses doutes, ses joies, ses peines.

Que pouvais-je bien lui répondre ?

Je l’écoutais des heures entières, fasciné par sa beauté cristalline.

J’étais investi d’un sentiment inconnu.

C’est au moment où elle posa ses lèvres sur les miennes, que j’ai compris.

Le tout puissant avait raison.

Et aujourd’hui, je continue inlassablement mon job, plus motivé que jamais.

Je crois en l’Humanité !

Texte Copyright © 2015 Ricardo SANTIAGO

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