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ESQUISSE

par chroniquesterriennes.over-blog.com 17 Juillet 2016, 11:07

Je referme la revue, des morts à chaque page, des horreurs, je n'en peux plus de ce monde qui se décompose.

Je cours à l'église du village dont le décor est agrémenté d'un ange en plâtre, d'une croix, ainsi que de bancs en bois inconfortables.

En ce lieu austère, d'un vitrail surgit une lumière céleste qui m'accompagne.

Je prie pour les miens, pas pour moi !

Des pas claquent entre les murs, je suis dérangé par un vieux Monsieur usé et éploré.

Il s'agenouille devant la croix qui se dresse, imposante, il larmoie, je me lève, le coeur serré.

Dehors, des nuages bas menacent d'exploser en milliers de gouttes d'eau.

J'avance, sans trop vouloir revenir chez moi, je m'évade, sans m'en apercevoir, je longe la route.

Des voitures poussent des rugissements, je m'en écarte.

Le serpent d'asphalte continue à l'infini, je me hasarde sur un chemin de terre qui s'enfonce dans la forêt.

Le paysage devient ténébreux, les arbres centenaires paraissent animés de vie, j'écrase des brindilles qui craquent sinistrement.

Un lièvre surgit d'un bosquet, je sursaute, une peur soudaine m'investit.

Mon pas s'accélère, la nécessité de revenir dans mon foyer, s'impose.

Lorsque je fuis, enfin, cet endroit inquiétant, des ronces tentent de s'accrocher à mes vêtements et de m'attirer de nouveau dans cet enfer.

L'environnement, désormais, s'étend à l'infini, rassurant, envolée la sensation d'étouffement.

Le ciel est de feu, c'est fascinant, comme si un géant l'avait embrasé, quelque chose a changé, je cherche des yeux mon village.

Tu apparais, comme par magie, avenante, souriante, apaisante, des perles de sueur roulent sur mon front.

Ma main rencontre la tienne, pas un mot ne sort de ta bouche.

Au loin, j'aperçois un clocher, des blés qui frissonnent, caressés par une force invisible.

Derrière toi, se dessinent d'autres silhouettes, je suis perdu, pourquoi ne m'adresses-tu pas la parole ?

Ton souffle chaud m'enveloppe, tes yeux verts fouillent les miens.

Tes lèvres se posent sur ma bouche, délicatement, pour me rassurer.

"Je t'aime !" ce sont les seuls mots que j'entends avant de me réveiller brutalement.

Une douleur me vrille, mes pieds sont écorchés, souillés par de la terre.

Mon téléphone retentit, je m'en saisis…..

Mon Dieu ! Je comprends !

Dans mon lit, unique refuge, sous ce linceul, je te rejoins.

" Nous allons nous retrouver pour l'éternité ".

Protégé Copyright © 2016 Ricardo SANTIAGO

ESQUISSE

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