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REVERIES

par chroniquesterriennes.over-blog.com 30 Juillet 2016, 17:20

Je m'ennuie….Rien à faire !

Pas la moindre volonté, si ce n'est d'assister à la danse monotone de mes poissons rouges.

Je décide de me promener dans les bois, pendant que loup n'y est pas !

Un long ruban d'asphalte sur lequel je chemine, tranquillement, me pousse vers la dense forêt.

Sur une sente qui se perd entre les arbres, dévorée par la pénombre, je pénètre dans cet enfer vert et mystérieux.

Les feuilles bruissent, comme des chuchotements, des ombres s'étirent tels des fantômes.

L'astre solaire transperce les feuillages de ses glaives de feu m'apportant une luminosité rassurante.

C'est ma solitude que je traîne, maussade et sans guère d'illusions.

Un lièvre sur son séant m'observe sans crainte, il me nargue de son regard malicieux.

J'approche, il s'éloigne en sautillant, se perd entres des arbrisseaux fluets.

Des branchages s'écartent, doucettement, apparaissent des marcassins, des sangliers, des biches et cerfs.

Bientôt toute cette faune m'entoure, devrais-je être effrayé ?

Nul crainte ne vient secouer mon corps, me poussant à la fuite.

Un daim lève sa tête, il me fait fondre avec son regard tendre, je pose ma main sur sa tête, le caressant sans brusquerie.

Les bêtes s'écartent, poursuivant mon périple, je me retourne, mes amis ont disparu !

Je déboule face à un étang à l'eau opaque, non loin duquel repose une bicoque sombre.

Attiré par cette mansarde, j'avance vers elle, un rien rétif !

Les grenouilles m'accueillent par leurs chants, des libellules exécutent une agréable chorégraphie.

Sous mon poids des brindilles se lamentent.

La masure est pourvue d'une misérable porte que je pousse délicatement afin qu'elle ne tombe pas en poussière.

Au beau milieu de murs lépreux, un lit à baldaquin sur lequel une poupée au teint de porcelaine semble endormie à tout jamais.

Quelques pas, je suis près d'elle, mon coeur s'emballe, je touche du doigt sa peau de satin.

Dans ce décor sinistre, sa beauté apporte une touche étrange, décalée, surréaliste.

Un bijou dans un écrin de boue.

Comme dans les contes de fées, dois-je déposer un baiser pour la réveiller ?

Mes lèvres frôlent les siennes, une puis deux fois, rien ne la sort de sa torpeur.

On tire sur mon bas de pantalon. Que vois-je ? Un hérisson adorable dont je comprends le langage.

Je le soulève sans heurts, l'approche de cette fleur qui sommeille.

Une des épines de mon nouveau compagnon s'enfonce, doucement, dans le pouce de cette princesse des bois.

Des gouttes de sang choient sur le sol en terre qui s'habille de dalles blanches, les murs revêtent de nobles pierres et de larges fenêtres.

Adieu planches pourries !

Au dessus de moi, d' imposants lustres de cristal pendent.

La cabane se métamorphose en un vaste palais !

La belle ouvre ses paupières découvrant deux émeraudes somptueuses.

Ses lèvres couleurs fraise laissent apparaître une rangée de perles.

La pluie frappe aux carreaux, toc ! Toc !

Mes compagnons aquatiques tournent en rond, sur le fauteuil je me suis assoupi.

Le retour à la réalité me donne le vertige, malgré les nuages qui larmoient, je m'autorise une balade.

Sur l'étagère la photo de mon amoureuse disparue comme un souffle de vent, m'interpelle.

Moment d'émotion, gorge serrée, roulent, roulent, " larmes de fond ".

J'enjambe les flaques sur le trottoir, au loin la forêt m'attend, je cours pour la rejoindre, enfin !

Protégé Copyright © 2016 Ricardo SANTIAGO

REVERIES

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