Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

VARIATION SUR UN TEXTE.

par chroniquesterriennes.over-blog.com 20 Juillet 2016, 08:03

C'est une journée où mon occupation principale est d'occire les mouches qui s'inventent chez moi.

Je m'ennuie.

Fuyant  l'écran de mes incertitudes,   désorienté dans le précipice de mes interrogations, hébété devant les nuages qui s'amassent. 

Tu es loin, promenant ta grâce sur des galets qui ne te déséquilibrent pas.

Ton regard caresse l'étendue bleue, on dirait une héroïne de roman.

Sur ma table en bois, une feuille blanche repose.

Mes doigts tapotent nerveusement dessus à la recherche d'une équipée spéculative.

Alors que mon lapin s'agite dans sa cage, les idées fusent, soudainement ! 

" Quoi de neuf Docteur ? Me lance mon hase malicieux "

"J'écris ! Gaillard aux grandes oreilles."

Un mot puis un autre, l'image de ma Somptueuse m'inspire.

Saisissant un stylo qui sommeillait,  ma  chronique prend forme.

On cogne à la porte, coups secs qui me sortent de la torpeur d'un été qui s'était fait attendre.

Dans l'encadrement, tu apparais, lunettes noires de star, robe longue et fleurie.

Sans hésitation,  ta langue rencontre la mienne, affectueusement, tu me décoiffes, la température grimpe de quelques degrés.

La maison est en désordre.

Des cartons, des livres, des vêtements jonchent le sol, le courage m'a manqué pour m'en occuper.

Des photos flétries s'étalent, sourires factices, jours anciens balayés telles des feuilles d'automne !

Je t'invite sur la banquette en cuir, vestige d'un passé qui s'étiole.

Nos yeux se rencontrent, ma main remonte le long de tes jambes,  chaussée de satin qui me conduit jusqu'à ton éden.

Ces tracasseries, ces rangements, seront remis à plus tard.

Après tout, la vie est si courte, profitons-en !

Un courant d'air fait claquer les fenêtres, grincement sur le parquet, tes bienfaiteurs célestes sont-ils venus nous épier ?

Dehors les oiseaux nous agrémentent de leurs chants séraphiques. 

Impression violente de "déjà vu".

"Finalement,  rien n'était dû au hasard ", te dis-je.

Dans mes bras, tu écoutes les battements de mon coeur qui s'emballent.

Submergé par une vague d'émotion, gorge nouée, les larmes roulent sur mes joues puis meurent sur le sol.

Papier vierge, aucun mots, que des maux ! Où vais-je ?

La banquette élimée se languit de ton absence !

Le rongeur ne m'adresse pas la parole.

Mutisme interminable.

Déréliction des jours livides, s'éteindre comme la flamme de la bougie.

Mon imagination repart vers toi, la demeure est rangée, dépoussiérée, tu t'affaires comme d'habitude.

Ici, là-bas, partout, gorgée de Red Bull, ton énergie m'atterre.

Même en nuisette, tu t'épuises ! 

Je me lève, te freine, t'accroche, me cramponne à ton corps élancé, " Faisons l'amour ! ".

Tes pétales de rose m'invitent à de cajoleuses étreintes.

Néant ! Thébaïde ! 

La tête entre les mains, Deviens-je un dément ?

Dans quelle fantaisie, derechef, suis-je happé  ?

" Reviens mon ange ! Sauve-moi de mon cloitre où mon lapin crétin se raille de moi ! "

 

Texte Protégé Copyright © 2016 Ricardo SANTIAGO

VARIATION SUR UN TEXTE.

Haut de page