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LES INVISIBLES .

par chroniquesterriennes.over-blog.com 3 Novembre 2016, 14:00

Les feuilles mortes tournoient puis s'échouent sur le sol.

L'automne a peint de fauve le paysage, le ciel fait grise mine.

Les derniers combats m'ont mis KO, déboussolé, je refais le monde dans mon coin.

Fourvoyé sur la toile, errant de postures artificielles en tirades stériles, je m'interroge.

Allongé, yeux fermés, mon esprit vagabonde, s'égare.

Questionnements incessants, pièce sur l'échiquier éjectée du jeu.

La tête entre mes mains, me lamentant comme un gamin.

Qu'attends-je ? Le téléphone est désespérément muet.

Surtout, n'alerter personne de mes tourments !

Le papier peint se décolle du mur, je ne décolle pas du sol.

Qu'une main se pose sur mon épaule, enfin !

Pas un vivant ! Plutôt un de ces esprits qui sans cesse me scrute en silence.

Parfois, une ombre froide traverse le salon, sans bruit.

Je l'aperçois, altière, mes appels restent sans réponse, puis, elle disparait.

La maison décrépie est le royaume des fantômes, des êtres immatériels.

C'est toi ma sublime qui m'a ouvert les yeux.

Après l'amour quand nous nous serrions l'un contre l'autre.

Il était si lénifiant de s'extraire de la fureur du dehors.

Combien de fois me suis-je accroché à tes narrations fascinantes ?

Entrainé au coeur de ton univers, sans appréhension, alors que tu me tenais la main

Ces choses que nul ne voit, je les ai découvertes.

Ma merveille, je sais que tu as levé ce voile pour me rassurer.

Quand jaillissaient les réminiscences douloureuses, tu les gommais d'une caresse.

Notre Paradis est une forteresse inaccessible pour les autres.

Un lieu où trônent des objets précieux qui flattent mon regard.

S'est déposé un tapis de poussière sur ce décor.

Nous devions, cependant, de notre abri, sortir.

Comment faisais-tu pour effacer les turpitudes de la cité ?

Avec toi, le tableau était systématiquement beau.

Ma céleste, tu es nichée au fond de ma mémoire.

Je tourne, inlassablement, les pages de notre roman.

Parfois, je crie ton nom dans la maison.

Tu ne réponds plus, sans doute es-tu logée trop haut.

Dans le miroir, mon visage a subi les outrages du temps.

Une main dans mes cheveux blancs, me voici présentable.

Je n'ai pas choisi cette date, par hasard, ma fée.

Etre présentable, pour fêter cet événement !

Dans le verre, l'eau pétillante laisse échapper des bulles ravissantes.

Pourquoi ne pas prendre un somnifère et rêver ?

Volets fermés, j'interdis à la lumière de me charmer pour me retenir.

Vais-je sombrer sur des berges inhospitalières ?

Les anges des Abbesses apparaissent dans ma chambre.

Dieu que je suis heureux de vous retrouver !

Ils m'apportent de l'espoir dans leurs bagages.

Une lueur aveuglante puis….

Le lieu retrouve sa patine d'hier, les fenêtres sont ouvertes sur un été chaleureux.

Mon portable vibre, on me sollicite, on me réclame, on m'aime.

J'entends le cliquetis d'un clavier, tu es assise sur la banquette.

Tu me toises de tes grands yeux gourmands.

Par quel miracle, sommes-nous, de nouveau réunis ?

Revivre notre histoire, encore et encore, corps contre corps.

Dans le ciel teinté d'indigo, mes compagnons s'éloignent, éthérés.

Des enfants courent et égayent l'environnement de leurs rires joyeux.

La famille est réunie, unie, inébranlable, indestructible, éternelle.

La vie est accorte sous la protection divine des invisibles.

Texte Protégé Copyright © 2016 Ricardo SANTIAGO

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