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PETIT PAPILLON

par chroniquesterriennes.over-blog.com 6 Décembre 2016, 19:17

Petit papillon éthéré, tu es mon dernier ami.

Bel éphémère, quand tu me quitteras, je sais que je m’éteindrai sous ce toit !

Alors ? Je te retiens un peu.

J’aimerais être vêtu d'habits d'insouciance.

N’apporter autour de moi que la chatoyante beauté de mes ailes.

Laisse-moi te narrer ma pauvre histoire ! Drapée de souvenirs joyeux.

En ce lieu, vivait une famille, des enfants qui partout couraient, une épouse dévouée, tous me disaient qu'ils m'aimaient !

Le soir quand je rentrais, ils étaient là.

D'un coup ! Mes tracas de la journée s'enfuyaient par la cheminée.

Si tu savais à quel point ma vie était jolie !

Je regardais grandir ma fille et mon fils.

Au début, ils étaient mignons et presque dociles.

Ils venaient se réfugier contre moi lorsque les ténèbres tentaient de les agripper.

J’étais une personne importante à leurs yeux.

Ma femme était câline sous la lune qui nous saluait.

Comme tous les couples, on se disputait puis on se pardonnait.

En ces moment-là, j’avais une sensation d'immortalité, la mort ne pouvait pas m'atteindre.

Une illusion !

Les gamins d’hier sont devenus des ados indisciplinés, nous étions des parents dépassés.

Dans le tumulte, j’avais parfois cette envie de me sauver ! Certainement par lâcheté !

Comment ai-je fait pour tout surmonter ?

Un jour, après un dernier baiser, ils se sont envolés.

Allais-je jouir d'un peu de quiétude ?

Avec mon épouse, nous étions devenus des étrangers.

Où était passée la passion qui nous animait et pansait nos plaies ?

Je me suis fourvoyé dans des amours impossibles, cherchant le réconfort entre des mains accessibles.

Jolies poupée, qui si tôt l'amour consommé, disparaissaient.

Aujourd'hui, je me meurs sur mon île, pas aussi libre que toi, Insecte gracile.

Parfois, mes gamins sont adorables, ils m'envoient une carte postale.

Pour Noël et pour mon anniversaire, un petit coucou. Franchement ? A quoi ça sert ?

A l'urgence du réconfort, ne répond qu'un silence de mort !

Voilà ! Gentil lépidoptère.

Tu sais tout.

Sur les carreaux, tu donnes de petits coups !

S'il te plait ! Ne m'abandonne pas ! Laisse-moi encore te raconter !

Texte Protégé Copyright © 2016 Ricardo SANTIAGO

PETIT PAPILLON

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