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LE SPECTACLE N'EST PAS TERMINÉ

par chroniquesterriennes.over-blog.com 29 Janvier 2017, 11:37

LE SPECTACLE N'EST PAS TERMINÉ

L'album est gorgé de souvenirs à ne plus savoir qu'en faire.

Une poussière d'étoiles scintille alors que l'existence est si morne.

Genoux écorchés, douleurs dans le coeur, ton corps n'est que douleurs !

Est-il aisé, au quotidien, de supporter cette vie de furie ?

Jusqu'où peut aller l'abjection humaine ?

Pour tenir debout, l'achat d'un pavillon de carton...

A Paris, les indigents sont repoussés toujours plus loin.

Fébrilement, tu peins le décor, une épouse et des bambins.

Du rose, des étés dans le jardin, quelques amis de circonstance.

Train, métro, boulot, tant que ne coule pas le bateau, tout est beau.

On serre des mains, poussé à avancer.

Content de ton travail, de tes collègues, tout est pour le mieux !

Tu grimpes les échelons, bravement, un à un !

Dans le salon, la vie s'anime, les gosses cavalent dans tous les sens.

Parfois, lorsqu'ils dorment, tu t'approches de ton épouse.

Quémander un geste d'affection qui tarde de plus en plus à venir de lui-même.

Un jour, ta pauvre Maman, on te l'a emballée et réexpédiée de l'Espagne à Paris.

Les années l'ayant rongée, il était tant de s'en débarrasser !

Personne à Barcelone ne voulait s'occuper plus d'elle.

Nous sommes bien loin de la famille Ricoré.

De retour, chaque jour, elle disparait dans la nature, un jeu de piste pour toi...

Sa mémoire s'éteint, telle une ampoule qui crépite à l'instant de mourir.

Chapitre achevé, passons à la suite !

Tu trébuches, ouille !

Brusquement, au travail, on te tourne le dos, certains rient de ton avilissement .

Arrive cette âme devenue ton guide dans la forêt anxiogène de ton univers.

Dès que rien ne va, tu cries son prénom, elle apparait, tel le génie de la lampe !

Vous faites l'amour des heures entières, dehors les pantins s'animent vers l'imposture.

Descendu plus bas, tu n'entrevois plus la moindre lumière.

N'as-tu pas l'air un peu stupide, assis dans les entrailles de la terre ?

Derechef, ton archange déploie ses ailes pour te sauver.

L'édifice de papier mâché s'est vidé, au revoir les mômes !

L'ambiance est morbide, la Précieuse qui te montrait le chemin est courroucée que tu la délaisses.

Un jour, les portes claquent, un courant d'air, certainement et…

Te voilà esseulé !

Ta compagne dans ta campagne est bien là mais plus vraiment.

Silence de Mort dans la cuisine où sont rangées tant de armes coupantes.

Et si tu t'éclipsais à jamais ?

La grande âme est éparpillée, parfois tourbillonnent de ses nouvelles.

Quelqu'un m'a dit qu'on lui avait coupée les ailes. Je crois bien que c'était elle...

Plus possible qu'elle se pose sur le sol et t'embrasse.

Le rideau est à deux doigts de tomber, point final à ce drame.

C'est un pitre triste qui s'emmêle les pieds.

Patatra !

Le public applaudit à tout rompre, se fend la poire !

Cependant, il se relève, courageusement.

A sa muse, ça sera des millions de mots d'amour.

Il fera le ménage dans son cerveau lent.

Etre un géant pour ses enfants !

Sortir du tunnel et se diriger droit sous les feux de la rampe.

Le spectacle n'est pas terminé !

Texte Protégé 
Copyright © 2017 
Ricardo SANTIAGO

 

 
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