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L'ETRANGE CHAUME...

par chroniquesterriennes.over-blog.com 5 Février 2017, 13:45

Les fenêtres sont barrées par un mur de briques.

Combien de briques au juste ?

Le toit est béant par endroit, les vieilles tuiles se sont affaissées.

La porte en bois est mitée, et, quand on la pousse, on entend un grincement plaintif.

Le salon est peu vaste, quelques meubles au bois pourri ont survécu aux outrages du temps.

Sur les murs, la moisissure s’est répandue comme une maladie.

Je l’ai croisée moult fois cette chaume, chemin faisant, sans jamais vouloir y pénétrer, de peur qu’elle ne s’effondre sur moi.

Pourtant, ce jour-là, elle sembla m’appeler.

Et, je ne pus résister, poussé par une curiosité indescriptible.

Je promenais mon regard, des oiseaux avaient fait leur nid, plus haut.

La nature par endroit s’était emparée des lieux.

Du lierre courait le long de de la rampe d’escalier.

Un bruit dehors, un craquement, attira mon attention, je tournais la tête vers l’extérieur.

Nul n’était là et pourtant mon cœur battait plus fortement.

Saisi d’une peur subite et incontrôlable, je revenais sur ce curieux décor.

Le lierre avait disparu, le papier peint jauni avait retrouvé des couleurs...

Que se passait-il ?

La porte mangée par la pourriture, était désormais redevenue massive.

Un enfant apparut dans l’encadrement de la porte et courut se réfugier, sans me voir, à l’étage.

Une femme sur une banquette lisait le journal, pendant qu’un homme, sur une table en bois exotique, pianotait sur un clavier.

Elle leva la tête, elle l’observa avec tendresse avant de replonger dans sa lecture.

Nul ne paraissait me voir.

Je m’approchais de cet inconnu.

Il conversait en chat avec une autre personne, une autre femme.

Je ne comprenais rien à ce qui se passait, j’étais comme dans un rêve, submergé et fasciné.

A dire vrai, je ne me sentais pas en danger, j’observais une scène surgie du passé.

Plongé dans ma réflexion, je ne vis pas que le décor avait encore changé.

L’homme était un peu plus âgé.

Son épouse ?

Ce n’était plus la même femme que tout à l’heure.

Pourtant, il paraissait très amoureux, elle s’était approchée, un peu plus près.

Elle déposa un baiser sur sa joue, puis un second, laissant sa main sur sa cuisse remonter doucement.

Je n’étais pas un voyeur, je frottais mes yeux, voulais fuir cette scène, revenir à la mansarde suintante qui s’était imposée à moi, il y a si peu de temps.

Le vent poussa violemment la porte, comme par magie, le décor était de nouveau celui de la désolation.

Ces images, sans doute, étaient le fruit de mon imagination ?

Je m’éloignais.

Un peu fébrile.

Pourquoi tout cela ne m’était pas inconnu...

Je marchais de plus en plus loin de cet environnement lugubre, la maison était maintenant nimbée d’une obscurité inquiétante.

Avais-je croisé des fantômes ?

Je souhaitais rentrer chez moi, au plus vite.

Retrouver ma femme et mon enfant.

J’arrivais, enfin…

Les fenêtres étaient barrées de murs de briques.

 

Texte Protégé 
Copyright © 2015
Ricardo SANTIAGO

 

 
L'ETRANGE CHAUME...

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