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LA PROMENADE

par chroniquesterriennes.over-blog.com 22 Février 2017, 21:23

Je remonte de la Gare de l'Est à pieds jusqu'au huitième arrondissement ! Je croise des marabouts de ficelle, des truands, des oisifs, des femmes qui bradent leur corps, des boutiques bas de gamme, voyage dans le milieu interlope. Pas de pistolet dans ma poche comme le justicier dans la ville qui n'aimait pas les vilains à pattes d'éléphant et grosses radios qui crachaient du Rap agressif. Je déambule, curieux de cette faune et de ces types qui me glissent des iPhones volés sous le nez. Tati, enseigne rose blanche, vélos qui filent dangereusement, véhicules aux conducteurs stressés. Les rails me supplient de les rejoindre quand le métro surgit. Alors, je les fuis, le diable me marmonne que l'espoir a pris la poudre d'escampette, que la mort est une compagne charmante qui gomme d'un coup, toutes tes angoisses. Mais, mon ange gardien me tire par la manche, me sauve du néant. Ma femme est partie au bras d'un autre. Un beau matin, elle m'a joué le rôle de l'outragée délaissée, mal aimée. Nous ne nous étions pas aperçus de l'étendue des dégâts. Couple en ruine, inutile de tenter de recoller les morceaux. Les amoureux d'hier aux relents sucrés, étaient tombés dans l'amertume, la détestation, le mépris, l'ignorance. Adieu ! Les amis ? J'en ris ! Absents ! Tellement heureux de venir à notre table quand tout allait pour le mieux, tellement loin dès que tu as le nez à terre. La famille ? Chacun ses problèmes ! Compassion artificielle ! Puis, le téléphone devient muet. Je me confie à mon poisson tout bleu. Lui est prétentieux, faisant des ronds dans l'aquarium, l'animal se fout des mes souffrances. Mon existence s'étend entre l'enfer et le paradis. Pour travestir ma déchéance, partout je colle des anges. Soudain ! Une main se pose sur mon épaule. Ma mère, ma sœur, la grande âme, le triptyque du bonheur. On se serre les uns contre les autres. Comme dans les films, nous pleurons mais pas de spectateurs pour applaudir à la fin du long métrage. Mon amour romanesque n'a pas pris une ride. Ma maman à cette allure altière qui me fascinait et Genoveva m'achève avec son sourire. Évidemment, l'environnement a un aspect plus réjouissant. Mes chaînes traînent, lamentables, sur l'asphalte. 
Nous sommes réunis, la journée s'annonce radieuse ! Le train se fige en plein milieu de nulle part. Une minute, deux, trois, les voyageurs s'énervent contre les transports, la SNCF, les retards. Ca s'impatiente, trépigne ! Le chauffeur s'exprime. L'attente risque d'être longue, accident de voyageur sur la ligne. Ce soir, les gens rentreront tard dans leur nid douillet ou peu à peu tombent les passions. Pour un jour, des inconnus se seront interrogés sur ce personnage qui a finit sa course sous des roues métalliques. Merci ! D'avoir eu une dernière pensée pour moi..

 

Texte Protégé Copyright © 2017 Ricardo SANTIAGO

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