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RÊVERIE

par chroniquesterriennes.over-blog.com 23 Mai 2018, 20:39

Je m'ennuie….Rien à faire !
Pas la moindre volonté, si ce n'est d'assister à la chorégraphie monotone de mes poissons rouges.
Je décide de me promener dans les bois pendant que loup n'y est pas !
Le long ruban d'asphalte sur lequel je chemine, tranquillement, me pousse vers une dense forêt.
Je me fourvoie sur un sentier encadré d'arbres et de végétation où la clarté parvient difficilement à s'imposer.
Les feuilles bruissent, comme des chuchotements, des ombres s'étirent, fantomatiques.
C'est ma solitude que je traîne, maussade et sans guère d'illusions.
Un lièvre sur son séant m'observe sans crainte, il me nargue de son regard malicieux.
J'approche, il s'éloigne en sautillant, se perd entre des arbrisseaux fluets.
Des branchages s'écartent, doucement, apparaissent des marcassins, des sangliers, des biches et des cerfs.
Bientôt, toute cette faune m'entoure, devrais-je être effrayé ?
Nulle crainte ne vient secouer mon corps me poussant à la fuite.
Un daim lève sa tête, il me fait fondre avec son regard tendre, je pose ma main sur sa tête, le caressant sans brusquerie.
Les bêtes s'écartent, poursuivant mon périple, je me retourne, mes amis ont disparu !
Je parviens face à un étang , non loin duquel, repose une bicoque à l'atmosphère opaque.
Attiré par cette mansarde, j'avance vers elle, un rien rétif !
Les grenouilles m'accueillent de leurs chants, des libellules tournoient au raz de l'onde.
Sous mon poids des brindilles se lamentent.
La masure est pourvue d'une misérable porte que je pousse délicatement afin qu'elle ne tombe pas en poussière.
Au beau milieu de murs lépreux, un lit à baldaquin sur lequel repose une poupée au teint de porcelaine.
Quelques pas, je suis près d'elle, mon coeur s'emballe, mes doigts frôlent sa peau satinée.
Sa silhouette diaphane illumine le décor accidenté, d'une beauté énigmatique.
Un bijou dans un écrin de boue.
Comme dans les contes de fées, dois-je déposer un baiser pour la réveiller ?
Mes lèvres cherchent les siennes.
Ce sont de délicats pétales de roses aux fragrances sucrées.
Quelqu'un tire sur mon bas de pantalon.
Que vois-je ?
Un hérisson adorable dont je comprends le langage.
Je le soulève sans heurts, l'approche de cette fleur endormie.
Une des épines de mon nouveau copain s'enfonce, délicatement, dans le pouce de la princesse.
Des gouttes de sang choient sur le sol en terre qui s'habille, soudainement, de dalles blanches, l'environnement se transforme.
De larges fenêtres apparaissent comme par magie.
La végétation, à l'extérieur, s'écarte pour que le soleil puisse éclairer l'alcôve.
Adieu ! Planches pourries !
Au dessus de moi, d' imposants lustres de cristal scintillent.
Le plafond parait grimper jusqu'aux cieux.
La cabane est métamorphosée en un vaste palais !
La belle ouvre ses paupières découvrant deux émeraudes somptueuses.
Ses dents sont des rangées de perles nacrées.
La pluie frappe aux carreaux, toc ! Toc !
Mes compagnons aquatiques tournent en rond, sur le fauteuil, je me suis assoupi.
Le retour à la réalité me donne le vertige, malgré les nuages qui larmoient, je m'autorise une balade.
Sur l'étagère la photo de mon amoureuse disparue comme un souffle de vent, m'interpelle.
Moment d'émotion, gorge serrée, roulent, roulent, " larmes de fond ".
J'enjambe les flaques sur le trottoir, au loin la forêt m'attend, je cours pour la rejoindre, enfin !
 
Texte Protégé Copyright © 2018 Ricardo SANTIAGO
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