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LES CHRONIQUES DE RICARDO 228

par chroniquesterriennes.over-blog.com 24 Août 2019, 15:44

Ouh la la !!!! Chut ! Ne rien dire, se taire, se censurer, l’époque est périlleuse, rétrograde…

Ce matin notre Ricardo que j’apprécie, félicite, aime, vénère , idolâtre... arrive, détaché, souple, léger, dans un train assez peu bondé.

Mais, avachis comme des loqueteux ou/et agités comme des drogués à la caféine, un, deux, trois, dix gamins, filles et garçons sont réunis dans le wagon pour le meilleur et pour l’empire en détresse. Ça fait désordre.

Visiblement, frères et sœurs, la mère se tient un peu en retrait, elle ne danse pas le long des golfs pas très clairs, elle est aussi expressive qu’une vache à la messe.

Je lui conseillerais bien de poursuivre sa laborieuse course à l’accouchement pour composer une solide équipe de pied ballon où même la racaille peut devenir du jour au lendemain une vedette et Vedette mérite votre confiance.

Malgré tout, je fais face à ce chaos et m'installe, balançant résolument des coups de coudes et des coups de pieds pour libérer un peu d’espace. (Je pince aussi mais il ne faut pas le répéter. J'adore saisir la chair tendre et la pincer entre deux ongles en tournant. Gniak ! Trop bon quand on voit les larmes jaillir des yeux de l'innocente victime !)

Une mamie Nova reine des yaourts me jette des regards effrayés, les Huns font toujours peur.

Au bout de plusieurs minutes, je trépigne, ça court, ça pleure, ça borborygme un langage incompréhensible, peut-être sont-ce des Aliens ? 

Peut-être, venus dévorer des humains…..

Nous étions à deux doigts de mettre en marche notre machine à baffes et des pincettes. Comme le chantait la regrettée (mais pas tant que cela) Edith Piaf, la machine à coller des jetons était prête à la distribution.

Mais, la Mamie Nova se mit soudainement à mousser des lèvres, à agiter les bras, à hurler, un spectacle somme toute assez divertissant qui couvrait agréablement le bruit et l'agitation des dix nuisances.

Quelques soubresauts incontrôlés furent suivis de flatulences assourdissantes. 

J’en ris encore.

Puis, explosion de la cage thoracique dans un fabuleux jet d’hémoglobine.

De ses entrailles (mon fils ma bataille fallait pas qu’elle sente l’ail), une horrible bestiole émergea.

Sublime ! J’applaudissais à tout rompre !

La chose gluante aux dents acérés m’ignora mais se dirigea sans hésiter vers la meute de nains.

Mieux qu’au cinéma, je vous assure, les mômes étaient tétanisés et les ayant rejoints d’un bond, la monstruosité en goba un. Gloup ! Comme ça.

Les autres gamins ne purent contrôler ni leur frayeur, ni leur vessie.

Ils tentèrent de fuir mais en vain, des membres volèrent, s’éparpillèrent, le sang décora les parois du wagon d’un joli rouge. Ils poussaient des cris dans cet étrange idiome qui était le leur. Plus le temps pour une traduction.

Ne restait que la pondeuse, pardon, la maman tétanisée et Ricardo qui s’était délecté de cette super production aux effets spéciaux remarquables et sans images de synthèse.

Je savais que je survivrai, les yeux de reptile de cette curieuse entité gourmande se posèrent sur la pauvre maman et...

Nous arrivâmes gare de l’Est….

Enfin nous ? Pardon, seulement moi, notre sympathique animal hybride s’était éclipsé, il ne restait personne dans le wagon que je quittais à regrets.

Il s’en passe des choses sur la ligne P quand même, ne trouvez-vous pas ? Quand je pense que certains se plaignent des retards !

Ricardo Santiago le 21 août 2019

LES CHRONIQUES DE RICARDO 228

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