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LES CHRONIQUES DE RICARDO 258

par chroniquesterriennes.over-blog.com 18 Septembre 2019, 18:49

LES CHRONIQUES DE RICARDO 258

Hello ! Hello ! Antoine a l’air idiot à saluer en rafale comme une rock star.

Certains ont la tête dans l’anus, fait sombre là-dedans, à moins d’éclairer avec une lampe torche… et ne le distinguent pas. 

D’autres se la jouent petits bourgeois, ils le toisent, le dévisagent…Puis, tournent les talons. 

Antoine est hyper motivé malgré tout ! Et il continue sa complainte des bonjours et des « eh l’eau ! « .

Quelques jeunes filles sérieuses, coincées entre deux bureaux, l’observent comme si il avait perdu la tête.

Pensez, les urbanités c’est comme les insanités.

Faut comprendre, ce n’est guère agréable voire insultant.

Pis encore, il franchit la frontière de l’obscénité en voulant serrer quelques pinces comme le petit Prince.

Les messieurs cachent leurs mains dans les poches, les dames fuient devant un tel spectacle.

Antoine veut attirer l’attention, coûte que coûte.

Prouver qu’il existe.

Une idée traverse son esprit, acheter dans un magasin spécialisé des chaussures pour faire un numéro de claquettes.

Aussitôt pensé, aussitôt fait.

Puis, Il pose une planche en bois dans l’un des couloirs de la tour en verre où, dit-on, il usine avec acharnement sans qu’on le devine.

Musique maestro, il met en fonction sa vieille radio qui grésille, y introduit une cassette audio et c’est parti.

Au boulot, ses collègues vont, enfin, s’apercevoir de sa présence et certainement le saluer.

Se faire remarquer, c’est un cas de force majeure, sinon, il a l’impression d’être mort.

Et c’est parti, clac ! Clac ! Ses talons frappent le bois, une musique datée rythme son numéro de music-hall.

Et ?

Nul ne se s’en soucie.

Quelques secrétaires papotent entre elles, insensibles devant ce fantastique spectacle.

Des cadres s’accrochent au mur mais ne le voient pas.

Des directeurs, sous directeurs, papes, sous-papes et même un président circulent à quelques centimètres de lui mais, chargés de dossiers sûrement très importants, l’ignorent.

Epuisé, il s’effondre désespéré.

La radio est silencieuse, les nuages dehors sont gris et tout aussi peu bavards.

Antoine, néanmoins, garde espoir, demain, qui sait ?

Il s’éponge le visage, rentre dans son placard et la journée file dans la pénombre.

Dans la tour de verre, la mélodie des pas qui se pressent continue sans fin.

Ricardo Santiago, le 18/09/2019

 

 

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