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LES CHRONIQUES DE RICARDO 265

par chroniquesterriennes.over-blog.com 28 Septembre 2019, 09:09

Je m’hydrate, je m’hydrate, je bois, je bois de l’eau minérale et en période de grande crise financière, j’ose l’eau du robinet, calcaire ou pas.

Si tout va bien, c’est champagne ! Enfin ! Eau !

De la pétillante avec de jolies bulles qui remontent gracieusement.

Tout le monde s’en tambourine de ces litres d’eau que je bois chaque l’année.

Et plus encore de ceux que je déverse dans les WC.

Ma vie ne les intéresse pas plus que les marques d’eaux minérales que je m’enfile.

Pourtant, il y a matière à raconter, croyez-moi, parce que mon existence est passionnante.

Je vous narre :

Le matin, lait, chicorée, deux sucres dedans et des saloperies aux céréales que je mastique comme une vache le ferait avec de l’herbe (t’en veux c’est de la bonne) bien grasse des prés de notre belle France.

La suite est un sommet d’émotions, j’éjecte les aliments entre mes dents carrément, puis les brosse et j’achève ce délire buccal avec un bain bouche.

J’ai la laine fraîche, lavée avec Woolite (merci d’applaudir à tout rompre).

Renversant.

Mon palpitant est en furie, gagné par l’enthousiasme de ce récit extraordinaire et tellement bien écrit.

Suite de l'aventure : douche, mousse (tic), crème hydratante (le suspense est à son comble).

Je m’habille.

Madame O, pour me détendre, siffle quelques airs surannés.

Nous dansons un tango.

Puis, de la fenêtre elle agite frénétiquement son mouchoir pour me dire au revoir. Elle est belle, je suis beau, nous sommes beaux, tout est beau.

L’allure altière, je traverse le lotissement composé de couples en crise, de gamins bruyants et de chiens qui aboient quand la caravane passe.

Gare, train, je reste debout jusqu’à la gare de l’Est.

Je vilipende, râle sur ma sinistre vie d’expatrié de banlieue.

Les voyageurs m’ignorent, surtout ceux qui sont assis. 

J’emprunte la ligne 4, c’est sale, ça pue le métro.

Miracle ! Un emplacement pour m’assoir.

Je lis La Croix, je prie, murmure des cantiques, la lumière céleste m’inonde.

Arrivé au travail, ascenseur, bureau, j’allume mon ordinateur (comme Johnny le feu) et glose avec lui des heures entières sur sa condition d’objet connecté.

C’est l’heure de manger, enfin ! 

Cantine, mastication derechef, brouhaha, suis seul.

Pour bien digérer, je succombe au charme des voitures qui passent sur le périphérique.

C’est intensément nul, mais je nourris mes narines au plomb des pots d’échappement.

Un peu drogué, je retourne au turbin.

L’œil vitreux, les lamentations de mon portable ne parviennent plus jusqu’à mon cerveau.

Les minutes, les heures passent, je me réveille, c’est l’heure de rentrer.

Quelle belle journée nous avons vécu là !

A demain, si je le veux bien.

Ricardo Santiago, le 24 septembre 2019

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