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LES CHRONIQUES DE RICARDO 267

par chroniquesterriennes.over-blog.com 28 Septembre 2019, 09:11

J'ai déchiré toutes mes œuvres littéraires sous le regard sidéré et effrayé de Madame O qui faisait des vocalises. 

Une montagne de confettis fut balayée puis jetée à la poubelle.

De toute façon, même mes gamins se moquaient de mes mots alors à quoi bon entasser tant de papier ?

J'avais décidé de faire le vide dans la maison, autant commencer par ça.

Du regard j'embrassais des tas de babioles qui me survivraient et finiraient certainement à la poubelle.

Tous ces machins auxquels j'avais attaché tant d'importance hier, me semblaient soudain oiseux. 

C'était une journée grise où mon cerveau, bêtement, comptabilisait les morts pour la France.

Madame O qui semblait parfois mélancolique, son chien dépité et moi-même regardions le ciel, cherchant à débusquer le Seigneur, en vain.

Pour nous consoler nous bûmes un rosé qui nous redonna un peu d'énergie et une joie idiote sous le regard surpris de notre compagnon quadrupède.

Nous nous enivrâmes d'euphorie jouant avec la télécommande de la télévision.

Nous passions de programmes en programmes, de pubs ineptes aux séries télé harassantes.

Nous vomîmes en nous tordant les côtes.

Puis, plus tard, nous contemplames le rayonnement de l'ampoule basse consommation.

Notre soleil à nous.

Madame O est admirable et cultivée avec de grands yeux sombres d'enfant.

Il faut la protéger, la rassurer, lui offrir spontanément des baisers.

Ce que je fis très naturellement.

Soudain, entre nos quatre murs nous étions éloignés de toutes les contraintes.

L'alcôve devint un paradis sur terre.

Allégés du superficiel nous ne conservions que l'essentiel :

L'amour vrai.

Ricardo Santiago le 26 septembre 2016

L’image contient peut-être : plante, fleur, nature et plein air

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