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LES CHRONIQUES DE RICARDO 338

par chroniquesterriennes.over-blog.com 28 Décembre 2019, 21:22

C’est le 27 décembre, la flemme de l’année, les cheminots ont déjà commencé à festoyer depuis des semaines.

Toujours en avance, ceux-là. 

J’essaie encore d’occire la dinde, depuis des jours, increvable.

Nous avons tenté de lui expliquer les bienfaits du four, de la cuisson.

L’animal paraît peu convaincu.

Tant pis, nous avons mangé une boîte de conserve. 

Suis-je trop tendre ? 

Un peu plus tard, elle s’échappe.

Qu’elle aille se divertir, après tout, sur les champs Elysées où l’attend la racaille. 

Je l’imagine, frimant sur les voies ferrées, enfilant les kilomètres jusqu’à la gare de l’Est. 

Nous, nous restons calfeutrés chez les briards, enivrés à force de renifler leurs fromages nauséabonds.

James Nauséabond, l’espion qui mémé.

Vends vanne frelatée à bon prix. 

Pour conserver la forme, le matin, un peu de ski de fond dans des paysages heurtés.

Parfait pour éliminer ces saloperies qu’on mange chaque jour et le gras dans lequel on se noie.

Malgré tout, force est de constater que chaque année, je suis plus beau que la précédente.

Une malédiction, pour les autres.

« Miroir ! Miroir ! qui est le plus beau de Seine et Marne ? Dis ? Dis ? « Demandai-je tous les ans. 

Le miroir plutôt réservé met un temps fou à répondre. 

« Toi ! Toi ! « 

Cool, la magie de la crème Nivéa. 

Mon village, quant à lui, se meurt, pas même une pute chinoise, elles qui, il y a encore peu, abondaient pour divertir les paysans lubriques et quelques vieillards chauds de lapine.

Deuxième plaisanterie graveleuse à négocier à prix d’ami.

À la base, je suis parisien, un peu mélangé, certes, mais quoi ? 

Cette campagne mortifère je n’y étais pas habitué.

Pour m’occuper sainement l’après-midi, néanmoins, je laboure leurs champs sous les hourras de Madame O.

Son chien pose des cadeaux avec un peu de retard dans les jardins de nos voisins. 

Désormais, je ressemble à ces abrutis qui, après l’effort, nous narguent avec leurs pectoraux transpirants.

Muscles, torse épilé (et pis laid) et un bon coup de sifflet d’une excellente bière fraîche.

Le soir venu, qu’entends-je ?

Il est vingt et une heure, Madame O me lisait les aventures du Petit Poussin. Un délice.

J’ouvre, la porte se lamente, dans un paysage plongé dans un noir absolument opaque, je suis habité par la crainte. 

Des picotements sur mon pied droit ou gauche ou celui du centre.

C’est la dinde qui s’effondre.

Madame O est heureuse, ça sera dinde pour le nouvel an. 

Ricardo Santiago, le 28 décembre 2019

L’image contient peut-être : ciel, arbre, nuage, plein air et nature

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