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Les maux de Ricardo 

par chroniquesterriennes.over-blog.com 26 Mai 2020, 13:52

Les maux de Ricardo 

Télétravail, stop, 

Reçu mail, stop, 

Entraide, we are the word, we are the children, deux fautes d’orthographe sur cinq mots, deux fautes d’accord.

Qui es-tu, toi ?

Serait-il possible que tu te relises ? Ce mail, tu l’as envoyé à une centaine de personnes.

Combien sont tombés de leur chaise de télétravail en écarquillant des yeux effarés, abattus.

Les lettrés qui ont, durant des siècles, mis en place grammaire et orthographe ne se sont pas cassé le cul pour le plaisir.

C’était pour éviter une anarchie linguistique afin que tout soit clair et cohérent, voire beau.

Grammaire sait faire du bon café.

Pas grave ! Je médite en écoutant Haëndel, l’intégrale des suites pour piano 4 (c’est comme les films, tu as le 1, le 2, le 3 et finalement le 4. Lorsque le filon sera épuisé, on nous collera un remake mais, pour être franc, je ne connais pas les premiers épisodes de cette suite pour piano).

J’aimerais déchirer ce mail, tiens !

Mais, bordel ! C’est un mail et je ne puis m’acharner dessus.

Impossible d’exprimer ma stupeur, sinon je vais me faire des ennemis, le clan des illettrés qui va me sauter dessus.

Des intégristes de l’illetrisme qui viendront brûler ma maison.

Des kamikazes qui détourneront un avion pour l’encastrer dans mon pavillon en carton.

Voyez le genre !

Quelle époque de dingos ! On nous bâillonne et ceux qui peuvent parler ne savent pas le faire.

Impossible de s’exprimer sans risquer de devenir une cible émouvante, mais rapidement mourrante.

Et même, l’état encourage cette mécanique infernale, faut pas toucher, laissez les illettrés tranquilles et vive la cretinocratie !

À la limite, moins ils seront éveillés, plus ils seront exploitables.

Laissez-les bouffer chez Mac-Do, acheter des saloperies chez Leader Price, s’abêtir devant leur poste de télé.

Gras et usés, ça fera moins de retraités.

Ouf ! Je me sens mieux ! Mesdames, Messieurs, j’avais cette nécessité impérieuse d’exprimer, tout ça à cause d’un simple message sacrément mal torché. 

Je vous embrasse, vous salue, vous dis à demain si je le veux bien. On verra. Là, je suis encore fâché.

Ricardo Santiago le 21 Mai 2020

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