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Les histoires de Ricardo 41

par chroniquesterriennes.over-blog.com 18 Juillet 2020, 20:18

Les histoires de Ricardo 41

Mercredi (virgule)
j'ai regardé quinze épisodes de l'homme du Picardie en K7 VHS.

Sujet de la série : Un homme et sa péniche. L'apologie du vide, la représentation d'une symbiose ontologique entre rien et pas grand chose.

Ou, une péniche et un homme.
Rajoutons cependant qu'une péniche, ce n'est pas rien, ni pas grand chose. C'est un grand truc doté d'une personnalité forte et il ne faut pas rigoler avec ça, mais revenons à notre mouton.

Un moment fascinant de vacuité, un bol d'oxygène pour cerveau lent... Flottant dans les airs ou les eaux glauques des canaux.

Et... La nuit est tombée, nous comptâmes les étoiles dans le ciel pour nous endormir... Enfin, non, pas besoin, on dormait tous déjà, affalés sur le canapé, même les poissons ronflaient la bouche ouverte avec des petits bruits de poissons qui ronflent la bouche ouverte.

Mais, j'étais devenu accro des péniches et de l'homme du Nord....

Il me fallait une nouvelle dose... On avait déjà regardé " Pas de fret pour les vieux birbes", " La boulangerie sera t'elle encore ouverte? ", "L'ecluse est en chômage", " Le canal de Bourgogne, cette vérole" et autres navrantes fariboles. Mais il nous en fallait toujours plus. La pire des cames on vous dit !

Problème ? Je m'étais tapé tous les épisodes que j'avais sous le coude.

Ma dose ! Ma dose !

J'ai transpiré toute la nuit, en manque...Jouant l'homme du Picardie en caleçon sur ma banquette (qui faisait office de bateau ), pêchant à la ligne des truites imaginaires (à ne pas confondre avec des truies). Madame O passait des appels aux autres péniches depuis une boîte à sucre figurant une VHS. Notre Pitou courait après les canards de la toile cirée.

Le lendemain, à Belleville puis à Château Rouge (quartiers chauds de Paris) je suis allé de dealer de K7 en dealer.

Et, finalement, je suis tombé sur le bon qui m'a sorti toute la collection en VHS....

J'ai payé cher mon vice mais tant pis !

À la maison, les poissons rouges, les perruches, le chien et nous mêmes, dans un silence religieux nous fûmes, des heures durant, bercés par le néant absolu mais reposant d'un homme et de sa péniche qui mouillaient au port en buvant des coups avec des hommes aussi bavards que lui. 
Mieux que du Bergman je vous dis !!!

Ricardo Santiago le 16 juillet 2020

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