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Les histoires de Ricardo 44

par chroniquesterriennes.over-blog.com 26 Juillet 2020, 16:58

Les histoires de Ricardo 44

Il trimballe des montagnes de photocopies qu’il s’est mises de côté pour ses cours... à lui… Les mêmes que les miens, mais ces montagnes sont les siennes... à lui... Le rat !!! Moi, je partageais avec lui.

Il est tombé de cinq étages, badaboum !

Ses feuilles se sont envolées dans les airs. On en retrouve à tous les niveaux et lui, il a la tête de travers, arrivé sans délai au rez-de-chaussée.

Quel comique ! Pendant qu’il était dans les vapeurs, je lui ai subtilisé sa paperasse qui était la mienne aussi, si on y réfléchit bien.

Sinon, tout le monde est masqué, il a ouvert ses yeux de rongeurs, il ne se rappelait plus de rien…

Me voici donc bien fourni en documentation à distribuer à mes gentils apprenants.

Dans la grande tour, on ressemble aux bandits qui dévalisaient les diligences… On se salue, on bafouille et on évite de se tousser dessus.

Ambiance de fin du monde, mais joviale, polie.

Je m’entraîne dans mon bureau à dispenser des cours à des élèves invisibles, en articulant intelligiblement.

Plus bas, le long du périphérique, tous les miséreux du monde font leur numéro avec des pancartes en carton :

Pas d’argent, malade, pauvre, pieds-nus….Donne-monnaie.

A la télé, BFM égraine ses mauvaises nouvelles, mais les journaleux sont, eux, sans masque…

Pour bien appréhender l’univers postal, j’admire sur Youtube la pub chantée de La Poste dont je ne capte rien de rien..

Alors, je la passe et repasse, mime les artistes, fredonne la liste des produits que l’entreprise propose.

Les collègues sont jaloux car j’ai une voix cristalline (sur laquelle je joue un peu vicieusement aussi pour leur vriller les nerfs).

Je les aperçois derrière leur bureau me jalouser en serrant les dents pendant que j’énumère la liste sans fin des offres postales.

Ce jour chouette, le président de notre grand groupe m’entend, m’apostrophe, me salue (de loin) et me propose un poste dans les hautes sphères…

Bingo ! Twingo ! Janie Longot !

Quelques jours plus tard, je pars vers mes nouvelles fonctions, mon collègue a toujours l'oeil dans le vague et la tête de travers, je lui rend ses photocopies.

« Salut l’ami, lui dis-je « en m’éloignant à jamais… Je suis un pourri, il faut bien l'avouer.

Ricardo Santiago le 20 juillet 2020

L’image contient peut-être : une personne ou plus et chaussures

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