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À suivre 2

par chroniquesterriennes.over-blog.com 5 Août 2017, 05:42

À suivre 2

Résumé de la première page.

Richard soupçonne son épouse, d'infidélités chroniques, elle l'appelle au téléphone alors qu' il se perd dans les bras de sa dulcinée.

La suite...

La ville revêt une parure obscure piquetée de d'étoiles factices.

Dans la gare aux poutres métalliques, le train de vingt deux heures attend sagement.

A l'intérieur d'un wagon vide, Richard étale ses grandes jambes sur la banquette d'en face.

Trois flics aux mines peu engageantes,patrouillant, le fusillent du regard, Il range promptement ses pieds.

Son épiderme est imprégné des fragrances épicées de son amour clandestin.

Ses doigts composent une mélodie aphone.

Il s'imagine pianotant sur les rondeurs appétissantes de sa sirène.

Des images de leur journée enflammée submergent ses pensées.

Soudain, une crainte bouscule ses souvenirs lénifiants.

Il ne goûte guère à l'idée d'une confrontation avec la harpie qui l'attend à la maison.

Parvenu chez lui, ayant fourni l'explication bancale d'un pot de départ, il s'étonne de l'indifférence de sa moitié.

Richard comprend, finalement, que sa femme se moque bien de ce qui pourrait lui advenir.

Le couple dort dos à dos, tels deux étrangers.

Les rêves de Richard sont confus, tableaux de tourtereaux enchevêtrés, de perles de sueur, de souffles courts, de draps humides, de regards qui se perdent dans la mouvance
de plaisirs prohibés.

Le matin, le tintement de sa cuillère dans son bol de lait anime la pesante tranquillité.

Dehors, les feuilles mortes sont balayées par un vent maniaque.

Les nuages gonflent d'une asthénie d'automne.

Chloé part plus tôt que lui, avant de disparaître, elle se retourne sur son compagnon d'infortune.

Elle s'est habillée d'un jeans délavé, d'une veste grise qui recouvre son pull difforme, portait peu engageant d'un amour qui décline.

Néanmoins, sa chevelure ramassée en un chignon docile, dégageant son visage aux traits fins, lui offre un aspect fascinant.

Il la trouve ravissante, désirable.

Certainement, un zeste d'amour subsiste.

" A quelle heure finis-tu ce soir ? Lui demande-t-elle ".

" J'ai du retard au travail, je prendrai le vingt et une heures. "

Elle hoche la tête puis est happée dans la brume campagnarde.

Richard a pris sa journée pour retrouver sa passion.

Mais chut ! Chute d'un couple ?

Malgré la rancoeur qu'il éprouve pour son épouse, la détester complètement lui semble impossible.

Sait-il haïr ?

Bras en croix, tel un Christ supplicié, son coeur fait boum ! Boum !

La déesse aux yeux de jade a puisé ses dernières forces.

Son âme a tutoyé les sommets de la béatitude, ses tracas de couple tout en bas, semblaient avoir été rayés de sa mémoire.

Mais....Ils reviennent au galop lui fracasser les neurones.

" Tu dois vite t'habiller et retourner chez toi ! "

Notre héros reste hébété par la phrase énigmatique de son égérie.

" Ta femme est chez vous, avec quelqu'un " .

" Je t'en prie mon amour, ne me pose pas de questions, file !

Richard suit ses conseils, aussi curieux fussent-ils, atterré, intrigué.

La pluie tapote sur les carreaux de la fenêtre , comme pour manifester sa présence.

Mécaniquement, il s'habille, elle l'épie, puis s'approche un peu maniérée pour déposer sur ses lèvres les siennes.

" Vole trésor ! ".

Sur ces mots il se hâte subissant les aléas des transports en commun.

La foule le bouscule, l'écrase, d'étranges présomptions l'agrippent, le mettent mal à l'aise, l' éprouvent , le désorientent.

Le transilien roule chaotique sur des rails sa fin.

Arrivé dans son village dépeuplé, Il presse le pas, s'engouffre dans son lotissement de pré-urbains, court presque, haletant.

Sa grille est ouverte, la clef glisse dans la serrure de la porte qui grince plaintivement.

À l'étage, il entend cette voix si particulière qui se mue étrangement pendant l'orgasme.

Ses yeux sont embués par une rage soudaine.

Ses pas claquent dans l'escalier....

Pendant ce temps, au loin, la clandestine, dans d'interminables visions suit son céladon, la colère en escalade.

À suivre ?

Texte Protégé Copyright © 2017 Ricardo SANTIAGO

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