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En attendant lundi...

par chroniquesterriennes.over-blog.com 6 Janvier 2013, 11:12

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Personne ne parle  des pauvres sapins ? Qui se soucie de ce génocide hivernal ? Qui s’inquiète de ces arbres arrachés de leur sol, transportés dans des camions, sans grand confort, vendus à vil prix, décorés d’une manière ridicule puis jetés à la déchèterie ?

 

Qui s’inquiète des fêtards qui s’effondrent dans un état éthylique ?  

Et la dinde ? Cet animal charmant et doux qui achève sa pauvre existence dans un four ?

 

La liste des victimes des fêtes et longue et ennuyeuse, c’est Dimanche et je vous sens déjà grognons à l’idée de reprendre votre travail, lundi.

 

Vous vous dites mais à quel moment va-t-il nous faire rire ? 

 

Vous voulez que je vous raconte mes fêtes ? Comment, moi, habillé comme dans la petite maison dans la prairie  avec mes bretelles et ma hache, je suis allé couper un sapin sous le regard admiratif des lapins, des cerfs et surtout des biches qui se pâmaient.

 

Ensuite avec mes bras musclés et huilés, j’ai trainé le sapin jusqu’à chez moi où ma femme préparait dans le chaudron une soupe aux champignons.

 

Mes deux gamines, elles, studieuses travaillaient sur la table en bois pendant que le petit orphelin dont j’ai accepté la garde,  s’affairerait  à diverses tâches dans l’étable avant d’aller chercher du charbon puis de cirer nos chaussures.

 

La dinde avec son air abruti, l’animal n’a pas eu le temps de me voir arriver, un coup de couteau dans le bide et terminé, elle est partie rejoindre ses amis volatiles au Paradis des Dindes.

 

Le soir ambiance de fêtes, toujours avec mes bretelles et mon jeans délavé et troué, l’amour est dans le pré et les toilettes au fond du jardin.

Nous avons bien mangé, mes filles ricanant comme des truffes et balançant des os au petit orphelin dont j’ai oublié le nom et qui dort dans sa niche chaque soir.

 

Minuit on s’offre des cadeaux, le petit garçon colle son nez sur la fenêtre pour nous voir, je ferme les volets je n’aime pas les miséreux.

 

Puis, j’envoie les gamines au lit à coups de pieds dans l’arrière train et lorsqu'elles sont endormies, je m’occupe de ma femme. Deux heures pour retirer ses jupons ! Epuisé je m’écroule et je plonge dans un sommeil profond avec mes bretelles sous l’œil lassé de mon épouse qui descend laver la vaisselle et nettoyer la maison.

 

Demain j’irai vérifier j’espère que ça sera propre.

 

Ricardo Santiago le 6 janvier 2013

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