Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Guerre aimable

par chroniquesterriennes.over-blog.com 28 Mai 2012, 12:30

J'arrive dans ma jolie Berlingo avec mes 15 enfants et ma femme dans un piètre état (15 accouchements, ça laisse des traces).

Que vois-je ?

Des voitures garées d'une manière anarchique.

Mon voisin reçoit, pour parvenir à mon garage, c'est la croix et la bannière. 

Habilement, malgré tout, nous parvenons à nous faufiler. 

la kyrielle de nains s'égaie joyeusement. 

Maman, chargée comme un baudet, les suit avec les sacs de courses. 

J'arbore mon sourire le plus courtois.

Accoste d'une voix polie l'un des convives. 

« Pardon mais toutes ces voitures ne devraient-elles pas être mieux garées ? »

Le petit bonhomme en mousse s'énerve.

Un rien alcoolisé, subodorge-je. 

Il est laid, mal rasé, mal luné.

Avec ses poings, il tente maladroitement de m'atteindre.

Pour unique réponse, je lui brandis ma bible. 

Son regard de batracien m'agace.

"Pardonne à ceux qui t'ont offensé " Dit le Seigneur.

Demain, peut-être.

Alors que j'administre les derniers sacrements à mon nouveau copain, surgit une furie. 

« Acculé de ta race, acculé de ta mère ! » me dit la dingo.

Enfin,  acculé c'est ce que mes oreilles chastes entendent.

C'est alors que mes 15 farfadets lui tombent dessus et la massacrent avec leurs poupées Barbie et Ken.

Mon voisin apparaît « Saint Perlipopette où sont mes lunettes ? »

Il entre dans la bataille, maman qui rangeait les aliments intervient avec sa poêle à frire.

J'adore voir mon épouse, la mousse aux lèvres, tapant, tapant, allègrement. 

Une vieille affolée appelle les gendarmes.

Nos gens d'armes, fêtent l'ouverture d'un Carrefour.

Distribuant des amandes pour l'apéritif.

Ils n'ont pas le temps de se déplacer pour si peu. 

C'est ainsi que nous continuons à nous balancer des pierres, des parpaings, des bonbonnes de gaz.

Faute de combattants, la paix revient peu à peu dans le lotissement.

Ce soir les gamins dormiront bien.

Sur ma banquette, je parcoure Paris Turf pendant que maman passe le balai.

Quelle femme dévouée !

Je vérifierai plus tard si le ménage est bien fait.

R. SANTIAGO le 28 mai 2012

commentaires

S
Que d'amusement finalement derrière cette bataille...il faut dire qu'avec une femme muni d'un poêlon et la quinzaine d'enfants s'était peine perdu pour ces pauvres gens... texte ironique drôle et amusent agréable a lire ...a relire
Répondre

Haut de page