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Jeudi

par chroniquesterriennes.over-blog.com 1 Mars 2012, 21:20

Jeudi,

 

Il a  décidé de s’enfoncer dans la forêt, personne pour le regretter.

Ils sont partis,  plus de cris d’enfants dans la maison, plus que le poids du silence qui le broie.

Les sourires des enfants, leur chaleur, leur amour, elle lui a tout enlevé et chaque jour il meurt un peu plus.

Dans la pénombre il est  recroquevillé comme un nouveau-né,  il pleure mais qui s’en soucie ?

Les amis ont déserté, le laissant comme un soldat sur un champ de bataille, il ploie sous le chagrin et pas une seule main pour se tendre et le sortir de cet enfer.

Elle a reconstruit sa vie, les enfants ont un nouveau papa, il est sur son ile de désarroi et  il aimerait tant rejoindre les profondeurs des abimes et tout oublier.

Aujourd’hui, il a séché ses yeux et a emprunté des sentes qui le conduisent vers le néant.

Il est  écrasé sous les ombres des arbres,  happé par la végétation, sans doute épié par quelques animaux sauvages.

Se poser sur la mousse, regarder le ciel, partir, qu’on  lui ôte cette souffrance qui fait de lui un mort vivant.

Des fleurs dans la pénombre ont grandie, des branches craquent sous ses pieds, le vent fait frissonner des feuilles, il s’enfonce plus loin, sans espoir de lendemains.

Il est habité par des images d’un passé joyeux, ça le fait souffrir d’avantage, plaies béantes qui ne se refermeront jamais.

Il nourrit de ses larmes la terre, bientôt de son sang, ces absences le  tuent comme une maladie.

Il  s’adosse à un vieux tronc, la tête dans les mains,  n’y a-t-il pas un Dieu qui pourrait apaiser cette douleur ?

Il veut partir, Il veut mourir, oui mourir enfin, être libéré.

C’est alors qu’elle est apparue, comme une fée, une lumière crevant l’obscurité de sa déprime.

Dans ses yeux, il a croisé les mêmes souffrances, le même mal être. Elle a pris sa main, lui a offert un sourire d’une pureté cristalline.

Elle lui a rendu l’espoir qui l’avait abandonné, douce amie, douce maitresse qui l’a libéré de ses tourments.

Aujourd’hui, il n’est pas venu travailler. Ses collègues s’inquiètent, ils préviennent sa femme.

Elle l’appelle, il ne répond pas…..Il ne répondra plus jamais.

Contre un arbre un homme est mort, la biche qui le regarde parait avoir de la compassion pour lui.

Elle s’approche, elle comprend que la vie a quitté ce pantin désarticulé.

L’animal s’éloigne, se retourne puis disparait. De nouveau il se retrouve seul.

 

Ricardo SANTIAGO le 01 mars 2012

 

commentaires

F
<br /> Texte très triste que malheureusement certaines familles vivent. Celà a été le cas dans ma famille, il y a pas si longtemps que celà. On se sent impuissant et désemparé dans ces moments-là On se<br /> pose la question pourquoi.<br /> <br /> <br /> Merci beaucoup pour ce texte.<br />
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