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La croisière ça m'use...

par chroniquesterriennes.over-blog.com 22 Avril 2012, 15:59

Le TGV file vers Marseille et en quelques heures nous passons de la grisaille de la région parisienne à un ciel dégagé et accueillant. Le décor est ici, désolant et déprimant. Suite de barres HLM délavées qui nous conduisent vers la gare St Charles.  Nous sommes loin des images d’Épinal, le port, le pastis et les autochtones à l’accent chantant mais je n’ai pas le temps de m’attarder sur ces détails, je croise une affiche de l’OM le club local de foot et ses millionnaires en crampons et je prends un autocar jusqu’au port.

Il se dresse majestueux et impressionnant, pas moins de 15 étages, le MSC Fantasia et c’est dans ce navire que je vais m'installer pour 8 jours. Je vous passe les formalités d’embarquement mais force est de reconnaître et ce dès l’arrivée que tout est fort bien organisé et notamment au niveau sécurité où tout est cadenassé. On ne rentre pas impunément dans ce sanctuaire.

Des soubrettes en gants blancs nous accompagnent jusqu’à  nos chambres mais avant d’y parvenir nous nous égarons dans une suite de couloirs moquettés et sans fin.

La chambre est assez spacieuse et extrêmement propre, la jeune femme d’origine ukrainienne s’éloigne (les nationalités et les noms sont indiqués sur les badges).

Le voyage peut commencer mais auparavant visite de cet hôtel sur les eaux, ascenseurs transparents, des dizaines de décors différents, on passe d’un bar aux tons couleur café et aux fauteuils confortables, à une place reconstituée avec fontaines (un peu toc mais agréable) à un salon aux tendances   flashy puis à un restaurant très rococo avec anneaux dorés un peu partout….

Le Monstres de métal démarre et la machinerie gronde…1000 employés (de toutes les nationalités), serveurs, hommes d’entretien, mécaniciens, agents de sécurité et un capitaine presque invisible, présent pour les photos payantes et traité comme un homme politique, personne ne doit s’en approcher.

3000 passagers dont 1000 enfants !  Prions pour que le bateau tienne la route. A ce propos  je comptabilise 28 embarcations de sauvetage pouvant contenir 50 personnes. J’en frisonne…Pas beaucoup de monde à sauver si notre Titanic coule.

Mais l’heure n’est pas aux angoisses et nous voguons vers Gènes. La mer est calme  à travers les hublots du restaurant où une armée de serveurs indonésiens se plie en 4 pour nous.

Gênes, temps clément, manœuvres délicates pour accoster le navire, le centre-ville n’est pas éloigné du port, pas besoin d’acheter une excursion hors de prix.

Ville typiquement italienne, rues étroites, deux trois monuments, je reste sur ma faim.

Zou ! Destination Naples. La mer est moins caressante et plus tourmentée, je loue l’inventeur de la Nautamine. Je ne pensais pas qu’un aussi gros navire pouvait bouger tant.

Mis à part de somptueuses  galeries, je me désespère devant une ville sale, souillée de graffitis. Naples est une déception même si la cathédrale resplendit.

Palerme, je retrouve le sourire, je prends des kilos à trop manger, boire avec mon forfait tout inclus. La ville est un, mélange d’avenues larges et de rues étroites. Richesses architecturales et soleil en plus.

Tenues de pingouins, soirée du capitaine, ce mardi 17, direction la Goulette à Tunis.

Le navire est fier mais chahuté par une mer capricieuse.

La soirée est gâchée, dommage on était tous très beaux.

On dort mal et on arrive à Tunis avec des faces  blafardes.  Le Guide est avenant il nous traine vers le site de Carthage puis le pittoresque village de Sidi Bou Saïd où nous sommes harcelés par des vendeurs un peu pénibles.

Jeudi journée en mer…..De l’eau à perte de vue, vaste étendue majestueuse et apaisée qui peut se transformer un ogre déchainé.

Mais pas ce jour…Je erre de bar en bar, je me goinfre, je bois des cocktails, je suis le roi du monde dans la fourmilière qui grouille de femmes hautaines, de gamins agités, de vieux épuisés, de bonhommes bedonnants,  faune bigarrée et imposante, tourbillonnante et épuisante.

Direction Barcelone…Retour aux sources pour moi, souvenirs d’enfance. La ville a été ripolinée et offre un environnement agréable agrémentée de cette flamboyance qui ravit l’œil.

Dernier jour…Je me remémore les spectacles qui chaque soir nous été proposés.

Lundi, rien, j’étais épuisé, j’ai compté les poissons pour m’endormir.

Mardi, contorsionnistes,  des petits africains bondissants,  Zorro chantant mais accessoire, spectacle de cirque foisonnant et pour tout dire fascinant.

Mercredi, soirée italienne, on nous sert les scies musicales habituelles, folklore éventé et passablement ennuyeux.

Jeudi, chorégraphie et chansons,  duo d’hommes musclés qui se soulèvent d’une main, asiatiques qui se nouent et se dénouent, petits blacks à ressors …On applaudit comme des enfants.

Vendredi opéra…Avec orchestre live dans un décor superbe saupoudré d’artistes illuminés dans des vêtements chatoyants. Un vrai moment de bonheur même pour le néophyte que je suis. La chanteuse a une voix émouvante et vibrante qui a secoué nos émotions.

Le voyage touche à sa fin…Un peu de tristesse mais pas mécontent de retrouver la terre ferme.

 

Ricardo SANTIAGO le 22 avril 2012

 

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