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Le gel

par chroniquesterriennes.over-blog.com 30 Janvier 2013, 06:53

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Je traine mes savates, le week-end fut long, mode hibernation.

Une douche, gel parfumé qui, c’est inscrit sur le flacon attire irrésistiblement les demoiselles. On peut rêver !

Cela étant il s’en dégage un parfum étrange et captivant. Je passe ma main sur l’ensemble de mon corps, je perçois une fraîcheur m’envelopper.

Je sors de ma douche, Choupette, mon cochon d’inde me regarde avec un air énigmatique.

Je déjeune, des jeunes ! Des jeunes ! Moi aussi je ne suis pas si vieux et aujourd’hui, comment vous dire j’ai une étrange sensation.

Je prends le métro, les filles me sourient, je ne sais plus où me mettre je suis timide mais je me soigne.

Sur le quai, une rousse m’agrippe, elle me couvre de compliments, me renifle étrangement.  Une seconde arrive puis une troisième. Je ne suis pas très à l’aise.

Je téléphone à mon Chef, je n’irai pas travailler, la journée promet d’être vraiment particulière.

C’est bien la première fois qu’on me paie l’hôtel, le type à l’accueil me dévisage, ce n’est pas tous les jours qu’on voit un homme suivi d’une dizaine de femmes.

Voilà, je sais à quel point la vie file, comprenez-moi,  on m’offre un jour merveilleux où mon âme sera transcendée, où j’aurai cette impression d’être plus vivant que jamais, que mes sens seront renversés.  Alors,  je vais me jeter à corps perdu dans la bataille, mourir sous les caresses et les baisers et si demain je ne suis plus là et bien j’aurai vécu cela.

Hier, elle est partie en ricanant, me laissant là avec ma détresse. Sans remords, sans un sourire, adios !

La vie est si tourmentée, pas une histoire qui ne finisse mal. Mais je fais un bras d’honneur aux vicissitudes, j’envoie promener ses vieux récits où tu n’es pas le héros mais le loser.

C’est le jour où j’écris une nouvelle page et elle sera à mon image, sans compromis.

Point de travestissement, qu’importent ceux qui ne t’acceptent pas, qu’importe les amitiés superficielles et éphémères,  dans mes nouvelles aventures, tout sera différent.

Je peins un univers sans drame, même si c’est un leurre, décors en carton-pâte, laissez–moi rêver, d’amours indéfectibles, d’amitiés éternelles. Les chimères sont gratuites.

Je suis déboussolé, j’ai sur moi, l’odeur de ces fleurs, je rentre. Mon Dieu ! L’appartement est vide.

J’ai froid, transpire les images jaunies du passé. 

Mon gel mystérieux et magique, il n’en reste plus.

Je vais retourner à ma vie terne.

On frappe à la porte. Un petit garçon. Il me sourit je le connais.  Enfin il me semble ???

Il a un visage tragique, il me dit que j’ai de la chance, que tant que tu respires,  l’espoir n’est pas une illusion, que tu dois prendre ton destin en main…Que lui n’a pas eu le loisir de profiter des joies  de l’existence. Je ne comprends pas.

Il prend ma main, me demande de le serrer tout contre moi, il veut sentir battre mon cœur.

Je sais qui tu es.

Puis il disparait comme par magie.

Je te demande pardon. 

 

 Ricardo SANTIAGO le 30 janvier 13

 

 

 

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