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Le grand vide.

par chroniquesterriennes.over-blog.com 20 Mars 2012, 07:49

Sous les arcades ça commence bien mal, je trouve que le confort n’est pas au rendez-vous,  j’ai mal au dos sur cette chaise en bois. Je me tortille dans tous les sens.

 

Sur l’estrade défilent des intervenants….

J’imagine dans ma tête des histoires qui me sortent du quotidien et sur l’écran tombent drues des statistiques.

Derrière moi se trouvent deux jeunes filles au demeurant charmantes mais sans beaucoup d’humour, j’essaie de détendre l’atmosphère par des plaisanteries ficelées avec beaucoup de professionnalisme (faire rire est un art) mais en retour je n’ai que des regards de poissons morts.

Je retourne à mes pensées, mon confrère me raconte une ou deux anecdotes, je souris pendant que le spectacle continue toujours la même chose…Rien n’a changé. Je   compte les secondes, je me contorsionne en suivant les courbes descendantes ou montantes.

L’heure du cocktail a sonné, un troupeau de buffle en furie se précipite sur des bouts de viande entortillés sur des cures dents, des crudités et des crustacés.

Je picore tout en filant des coups de coudes à ceux qui me poussent.

Dans les toilettes c’est la ruée, je bois mon verre de Perrier, je discute à droite et à gauche, je distribue des poignées de main.

J’ai des sueurs froides, la journée n’est pas terminée, encore des heures à rester sur ma chaise.

Retour dans la grande salle où je m’assèche, je m’imagine ailleurs, sur une plage baignée par la chaleur, la mer à perte de vue, des mouettes capricieuses qui m’entêtent par leurs cris stridents.

Des créatures de rêve déambulent comme pour un défilé de mode, éthérées…

Tu es à mes côtés, brûlée au troisième degré par le soleil de plomb, à moitié calcinée tu as de jolies dents blanches.

Le ciel caresse l’étendue d’eau bleue, quel décor de rêve. Un grand bruit fracasse la salle, je me retrouve le cul par terre sous les rires des 300 personnes présentes qui à n’en pas douter se moquent de moi.

Je fais la moue, je m’assois, tête baissée, joues empourprées, la honte, je regarde mes lacets, ce n’est pas cette année que j’aurai ma promotion.

De toute façon, je préfère faire la moue que la guerre.

L’après-midi s’achève, je retrouve une collègue, elle a les yeux bleus comme l'immensité de la Méditéranée, je vagabonde, je fuis, je cours loin si loin mais son visage me retient, ses paroles m’emprisonnent.

Je reviens à la réalité, à une certaine vacuité.

R. SANTIAGO le 20 mars 2012

Texte Protégé Copyright © 2012 Ricardo SANTIAGO

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