Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Mardi

par chroniquesterriennes.over-blog.com 28 Février 2012, 05:37

Mardi,

Je suis assis face à elle, je plonge dans ses yeux, j’y vois les chemins escarpés d’un passé qui s’éteint peu à peu, flamme fragile.

Je suis un bon fils, j’ai écouté comme lundi, ses récits qui tournent en boucle.

Il est 10 heures, je n’ai pas encore mis les pieds au travail, pas d’importance, les autres bossent pour moi.

Je la laisse là et je me jette dans les bras de la cité.

C’est au détour d’une rue que je l’ai vue. Ca faisait si longtemps. Je m’approche, elle sent ma présence, elle se retourne et me reconnait.

Je lui offre un sourire piteux, mon regard s’égare comme un enfant qu’on va punir.

« Si nous allions prendre un verre ? »

Elle n’a pas changé, elle a ce charme discret qui emprisonne vos certitudes.

Paris est sous la pluie, barrière d’eau qui nous rend si mélancolique.

Mon cerveau va exploser des souvenirs qui me submergent quand je croise de nouveau ses yeux.

Ses baisers volés, ses mains qui se touchent, ses regards complices.

Je fais la moue, je dois lui dire, elle le sait, cette histoire, ce gâchis, il ne fallait pas que le mot fin arrive ainsi.

Dans ma tête ses « je t’aime »…

Le serveur est le témoin muet de ce tableau que l’on compose.

Un simple mot, la clef de notre réconciliation, le ciment d’une amitié, un simple mot. Pardon.

Je sens monté le poids d’une terrible tristesse, de ce récit brisé mais que l’on ne peut recommencer.

Toi, dans d’autres bras, moi dans d’autres draps, des  mots malheureux.

Elle prend ma main, s’approche et dépose un baiser. Les plaies du passé sont un peu apaisées.

Je me sens mieux, on se raconte, le temps passe, elle doit partir, on jure de se retrouver, elle s’éloigne.

Je reste esseulé, je ne peux contenir l’eau salée qui roulent sur mes joues, ce n’est pas pardon que je voulais lui dire mais « je t’aime encore » mais voilà ce n’est pas possible.

Je retourne voir ma mère, je la serre dans mes bras, fort, elle ne comprend pas, moi je sais.

Je lui dis que je l’aime, elle est tremblante. Je reste des heures avec elle, je vole du temps car je sais que demain peut-être elle ne sera plus là.

Mon portable ne cesse de sonner, je ne réponds pas, je reçois un message. C’est elle.

Je lis, « je t’aime »….

Ricardo SANTIAGO le 26 février 2012

 

commentaires

Haut de page