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Un goût de rien 4

par chroniquesterriennes.over-blog.com 31 Mars 2013, 13:48

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LE GOUT DE RIEN, fin !

Soudain tout me parait différent. Adieu mes amis ! Au revoir Maman ! Malaise dans les escaliers, je vois Mme C. Petite femme d’un autre temps, partie pour toujours. Je me souviens de ses larmes, seule arme contre la peine qui chaque jour l’accompagnait.

J’ai perdu plein de copains, disparus au fond de ma mémoire. Je me doute que d’autres bouleversements vont subvenir.

J’ai eu mon CAP, je rentre avec crainte dans le monde du travail. Je ne vais plus suivre ma mère. Salut famille ! Vous me verrez moins. C’est triste. Moi qui aurait tant voulu une famille unie, aimante, réconfortante…J’ai dû quémander de l’amour ailleurs. Auprès d’inconnus.

Je vais travailler 8 mois avec Monsieur R, le papa de Mademoiselle B. Après c’est l’armée.

Les mois filent, je suis toujours fidèle à mademoiselle B, Monsieur R fume ses gitanes, elles le tuent à petits feux.

Un jour, le cœur lourd, je m’en vais à l’armée. Je n’aime pas. Ça me rappelle la pension. Tous ces mecs je ne les connais pas. Toutes ces contraintes. Ces fusils, je déteste. Je suis un ange. »Regardez mes ailes ». Personne ne les voit.  Bon, deux mois de classe. Puis Ecole militaire à Paris.

J’ai été un peu pistonné par Monsieur R. On est bien là-bas. Ecole militaire, c’est inter armées, on y croise  des marins, des aviateurs et des biffins. 

Le soir je rentre chez moi….Me voilà bien, au fond !

Mademoiselle B, Monsieur et  Madame R, la clique. Les mois passent, j’ai la vision que ce paisible tableau va s’écailler.

Mon innocence est déchirée, petit à petit je rejoins le monde des adultes. Terminé. Bientôt j’apprendrai à ne plus aimer tout le monde.

Bientôt, je ne serai plus un enfant. J’en garderai des traces au fond de moi. Mais jamais je ne ferai le chemin à l’envers.

D’ailleurs, je n’en ai guère le désir. Je passe devant la boutique de Monsieur L. Chez Monsieur L c’était notre lieu de rendez-vous avec mes potes. Un libraire sympathique. Mais les affaires n’allaient pas fort. Nous nous retrouvions là, nous discutions, l’aidions.  Je ne parle pas de D et K. D’autres amis, tous espagnols. La fine équipe.  Nous étions 4 en tout.  Comme les 4 fantastiques. Si les souvenirs reviennent ainsi c’est que la boutique est fermée.

Ah ! L’un de mes amis espagnol avait une côte folle avec une certaine P, dont j’étais raide dingue. Une blonde, peau de porcelaine, des yeux bleus, des cheveux blond, gracile, gracieuse.

J’étais fou ! Je me disais que c’était parce que je n’avais pas d’argent et que j’étais mal habillé qu’elle paraissait m’ignorer.

J’avais la honte, je baissais les yeux, j’étais timide.

Je suis un peu perdu….Pardon…Premier job. Je ne suis plus un gamin. Je vais m’assumer.

Ricardo Santiago le 31 mars 2013

 Protégé Copyright © 2013 Ricardo SANTIAGO

 

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