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Venise en moi.

par chroniquesterriennes.over-blog.com 13 Août 2011, 18:33

 

Ils sont arrivés sur la pointe des pieds pour ne pas me réveiller. Je ne dormais pas. Dans le train, même en couchette, je n'y arrive pas...J'avais en tête des églises chatoyantes, des tableaux flamboyants, des sculptures imposantes, j'avais dans mon esprit mille images....J'avais Venise en moi.

 

Je sentais encore ces vagues de touristes qui chaque jour se déversaient sur la place San Marco, les gondoles un peu surannées, le soleil qui nous accompagne, le ciel bleu, les bâtiments les pieds dans l'eau qui scintille d'éclats d'argent.

 

Je vois de nouveau, le bal incessant des bateaux, j'ai le goût du café serré, la vision de Venise désertée quand la nuit est tombée, j'entends la musique classique et des couples qui dansent sur la place San Marco. Je sais ça fait un peu cliché.

 

Je me perds dans les rues étroites, sinueuses, loin de cette foule qui s'agite... Silence, la nuit tombe, l'eau est sombre et inquiétante, je sens autour de moi les fantômes du passé.

 

Je revois toutes ces toiles, ces scènes où des anges tendent leurs mains, on ressent la souffrance d'un Christ, on partage l'attendrissement d'une Marie devant un bébé joufflu. Au dessus des anges et encore des anges...

 

Je ne sais plus où je suis, les rues vaste labyrinthe, puis enfin après un sentiment d'angoisse, je retrouve les eaux troubles et la valse des bateaux, les touristes, les filles langoureuses...

 

Une église, un bouquet de photos... Jeunes, vieux et des bébés... Visages souriants, visages épanouis gommés d'un coup rageur par une mort cruelle.

 

Je suis troublé par cette vision, plus rien n'a d'importance, je ne vois plus que ces photos jaunies.. Je me pose un instant, le ciel dessine de gros nuages, la vie, là, dehors...

 

Je me rends compte de la chance que j'ai, je respire fort, je m'enivre du soleil, je m'enivre de toutes ces existences que je croise... Je vis ! Je vis tout ce passé, je suis l'ami des âmes éternelles.

 

Je profite de l'instant...Avant que moi aussi je ne sois qu'une photo jaunie...

 

Les yeux ouverts, je ne dors pas...Le train me conduit vers Paris.

 

 

 

Ricardo SANTIAGO le 13 août 2011

 

 

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