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COMME UNE MER TOURMENTÉE..

par chroniquesterriennes.over-blog.com 27 Mars 2019, 18:09

COMME UNE MER TOURMENTÉE..

Elle savait que les temps allaient devenir difficiles.
Moi ?
J'étais ailleurs, persuadé que, comme dans les contes de fée, tout allait finir par s'arranger.
Mais, la vie ne dispense pas uniquement de la magie, c'est ainsi.
J'essayais de la consoler de sa peine, en vain.
Elle s'enlisait dans l'asthénie.
J'aurais tant voulu la consoler, la serrer dans mes bras.
Hélas, désormais, cela paraissait impossible.
J'avais l'impression que tout s'effondrait.
Contre vents et marées, je m'acharnais néanmoins à croire en des lendemains heureux.
J'avais été contraint hier, comme elle aujourd'hui, de traverser ces mêmes mers amères de larmes salées, celles qui ont l'horrible pouvoir de nous rendre tristes à mourir.
Cependant, même en touchant le fond, je ne saurais dire comment, mais, jamais je n'avais perdu de vue cette petite étincelle, cette lueur d'espoir qui me faisait continuer de croire et d'avancer.
Finalement, les épreuves m'avaient construit plus que détruit et, face aux pires tempêtes, j'avais appris à rester debout, quoi qu'il advienne.
Comme j'aurais aimé lui murmurer encore tout cela, comme avant, quand elle s'abandonnait et s'offrait à mes baisers !
Malheureusement, le mur de son silence paraissait être devenu au fil des jours, infranchissable.
Je désespérais de pouvoir l'aider.
Je me souvenais de ces moments où nous étions ensemble, rien ne pouvait nous atteindre, elle était rayonnante malgré, je le savais, des peines enfouies jusqu'au tréfond de son âme.
D'autres souvenirs encore affluent, feu d'artifice d'images sensuelles, douces, envoûtantes, enivrantes, irréelles...
S'abat ce voile sombre, angoissant.
Je sens le froid de l'hiver, agression dans ma chair, accentuant plus encore ce terrible malaise...
Je l'imagine dans son enfer, perdue, désespérée, seule face à l'adversité.
J'essaie de rêver, de la retrouver quand les périodes étaient clémentes, quand elle souriait.
Tel un soleil qui fait s'enfuir les nuages, son sourire faisait se dissiper mes plus obscures pensées.
Sous mes yeux, elle se mure tristement.
J'y assiste, terrifié, impuissant.
Je ne sais pas, je me demande...
Je veux croire, croire encore, en nous, en l'avenir, en la vie !
Et si...
Tant de peine, tant de noirceur n'étaient pas insurmontables.
Oui, s'il suffisait que j'insiste ?
Elle n'attend peut-être que cela, m'appelant sans mots dire, pour que je la réchauffe, pour que je la soutienne, pour que je l'aide, pour que je l'aime...
Elle ne le dira pas, elle est orgueilleuse.
En fait, l'amour-propre, c'est pratiquement tout ce qui lui reste.
Certains silences font plus de bruit que de grands cris.
Pourquoi personne ne me l'a-t-il appris ?
Ma secrète, ma discrète, regarde, approche, tu vois, je suis là !
Les vents contraires iront se perdre jusqu'au bout de la nuit.
Ne pleure plus, c'est fini, j'ai compris tout ce que tu ne m'avais pas dit.
A deux, aucun tourment, aucun souci, aucun obstacle ne nous résistera !
Voilà, serrons-nous, enlaçons-nous, embrassons-nous, c'est ça...
Je ne t'ai pas abandonnée, tu peux cesser de sangloter.
Mon amour...
À deux, tout ira mieux.

Ricardo Santiago (Chroniques terriennes, OverBlog) le 29 Janvier 2011.

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