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L'HISTOIRE EST TERMINÉE

par chroniquesterriennes.over-blog.com 8 Juin 2017, 10:28

L'HISTOIRE EST TERMINÉE

Les blés ondulaient à l'infini, vague céréalière se jetant vers l'azur.

Des maisons de Monopoly étaient blotties les unes contre les autres, serpentant dans un village sans charme.

La petite gare, voyait défiler des trains toute la journée, qui déposaient ou emportaient au loin des banlieusards épuisés.

La vie était rythmée par les saisons et les familles qui se composaient et se décomposaient.

En cet endroit reculé, dans un pavillon de carton, une femme appela son mari sur son portable, pour s'assurer qu'il ne viendrait pas avant l'heure.

Son amant grimpait prestement les marches pour la rejoindre dans sa chambre.

L'atmosphère était moite, le lit déjà défait.

L'homme ne s'embarrassa pas de sentiments superflus, de tendres cajoleries, de baisers langoureux, le temps lui étant compté.

Le conjoint, au bureau, ruminait devant sa morne existence d'informaticien.

Son supérieure hiérarchique le harcelait, ses collègues le méprisaient, sa compagne l'ignorait, le suicide eut été la solution idéale pour oublier cet enfer.

Parfois il y songeait, longeant la Seine et ses abysses opaques et oppressantes.

Un SMS l'alerta sur son téléphone, l'Envoutante lui envoyait des mots attendrissants.

Il ébaucha un sourire de contentement.

À 18H, il retrouva son béguin caché
, le coeur battant, plongeant dans son regard pourpre, la gratifiant d'un baiser voluptueux.

Finalement, il rentrera plus tard ce soir.

Le galant remonta son
pantalon, sans même lui adresser un regard attendrissant, un geste d'attention, trop pressé de rejoindre sa moitié.

Dans le salon, l'épouse vexée, marmonnait son ressentiment envers cet inconnu rencontré dans la rue et auquel elle s'était offerte sans pudeur.

Les étreintes avaient été bâclées, accolades brèves et aigres, elle se sentait souillée.

La porte claqua au rez -de-chaussée, l'amant était parti telle une fusée.

Dans les draps froissés, elle consulta l'heure son mari n'allait pas tarder.

Assis sur un banc, écrivant sans fin, l'homme leva le nez au ciel.

Cette aimante mystérieuse, ne cessait de se sauver alors qu'il tentait de l'agripper, de la serrer contre lui.

C'était une ombre insaisissable, laissant derrière elle, une odeur de souffre.

Il doutait même que ses lèvres couleur sang se soient posées un jour sur les siennes.

Dans le salon, l'atmosphère était lourde, l'épouse déçue, l'époux rêveur et la télé pour compagne d'infortune.

Elle posa sa tête contre son coeur, d'une manière un peu oppressante.

Cette fois, sa présence était palpable.

Une bougie brillait dans la pénombre, le temps s'était figé.

Fasciné , il se laissait envelopper par le souffle vénéneux, brûlant de cette créature diabolique et captivante.

Elle l'enserrait dans ses bras comme l'eut fait un boa.

La mort était une cicérone plus accommodante que cette ombre qu'il croisait chaque matin, infidèle et antipathique.

Ce début de journée fut sombre et sans espoir, elle découvrit celui qui avait partagé sa vie et qu'elle avait tant trahi, les bras en croix sur le carrelage.

Sur ses poignets courraient des filets ensanglantés.

À cet instant, elle sut à quel point elle l'aimait...

Un constat quelque peu
Vain, désormais.

Sur le lieu de ce drame, erre, désormais,
un fantôme qui éternellement cherche un idéal qu'il ne trouvera jamais !

La maison est à vendre, l'histoire est terminée.


Protégé
Copyright © 2017 Ricardo SANTIAGO

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