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LA PROMENADE

par chroniquesterriennes.over-blog.com 22 Février 2018, 19:45

LA PROMENADE

Je remonte de la Gare de l'Est à pieds, direction les Abbesses.

J'ai fui le métro.

Les rails me suppliaient de les rejoindre quand le train surgissait.

Le diable était leur complice, me susurrant à l'oreille que l'espoir avait pris la poudre d'escampette et que la mort était, des compagnes, la plus bienveillante.

Fort heureusement, mon Ange gardien, vigilant, m'éloignait de ces pensées morbides.

Etre dehors semblait plus rassurant.

Gare du Nord, puis Barbes Rochechouart sont sur mon chemin.

Je croise des truands, des oisifs, des femmes qui bradent leur corps, des boutiques bas de gamme, voyage dans les milieux interlopes.

À peine plus inquiétant que les sombres tunnels du Métropolitain, en y songeant.

J'avance d'un pas rapide, méfiant, noyé dans cette faune parmi laquelle des chapardeurs vous glissent des iPhones volés sous le nez.

La ville gronde.

Des vélos filent dangereusement entre les véhicules aux conducteurs stressés.

Ma femme est partie au bras d'un autre.

Un beau matin, elle m'a joué le rôle de l'outragée délaissée, mal aimée.

Nous ne nous étions pas aperçus de l'étendue des dégâts.

Couple en miettes, inutile de tenter de recoller les morceaux.

Les amoureux d'hier avaient fini par sombrer dans l'amertume, la détestation, le mépris, l'ignorance, lentement mais sûrement.

Adieu !

Les amis ?

J'en ris !

Absents !

Eux, si heureux de s’assoir à notre table quand tout allait pour le mieux, tellement loin dès que tu mords la poussière.

Allo, Maman, bobo ?

De ton nuage, tu ne peux que constater ce désastre, sans pouvoir faire quoique ce soit ?

Le téléphone est muet.

Mon seul confident est ce poisson tout rond qui fait dans l'eau des ronds.

Je lui narre mes déboires, sans grand succès.

J'essaie le langage des signes puis celui des cygnes, en vain !

Je crains fort qu'il ne soit pas réceptif à mes lamentations.

Pour atténuer mes peines, une visite à mes archanges s'impose, quotidiennement.

Ils restent de marbre, rayonnent pourtant d'altruisme et d'une empathie.

Ma déambulation se poursuit, mécaniquement, mes pensées se bousculent, m'assaillent.

Le portable vibre, la grande âme m'extrait du puits sans fond de l’affliction.

Ses mots sont doux, rassurants; ils me réchauffent, si fort, le coeur.

Ma promenade s'achève ici, retour au pavillon, dans la soirée.

La maison est vide, le poisson fait des ronds, toujours aussi peu réceptif à mon humeur maussade.

Et si j’avais raté l’Amour tantôt, à trop me lamenter ?

Cette fille derrière son journal, longues jambes ciselées, de soie caressées...

Quel idiot je fais !

Demain, même heure, même balade, je me le promets !

Ma Vie est devant moi, l’écho de leurs jolis sourires me revient en plein visage.

Il y a combien de temps que je survis ici ?

C’est fini !

Je vais redécouvrir le plaisir de séduire.

Mesdemoiselles, ne partez pas !

Comme ça, oui, attendez-moi !

Texte Protégé
Copyright © 2018
Ricardo SANTIAGO

http://chroniquesterriennes.over-blog.com

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