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Le ciel peut attendre !

par chroniquesterriennes.over-blog.com 31 Août 2017, 07:28

Le ciel peut attendre !

Le ciel peut attendre.

Éjecté du vaste échiquier, je me retrouve hors du jeu.

Au secours !

À l'aide !

Dans le brouillard, mes cris se perdent.

Mes repères ont été troublés, c'est vers l'abîme que me conduisent mes pas.

Pas grave !

Qui suis-je, après tout ?

Ma famille est éparpillée aux quatre vents, de ma disparition, elle n'en saura rien.

Les enfants trop occupés à survivre m'ont presque oublié.

C'est rassurant de n'être plus rien, un atome parmi les atomes, une part négligeable, une poussière sur laquelle on souffle pour la faire disparaître.

Maman a touché ma joue, son doigt n'était pas froid comme la mort.

Cette chaleur, c'est celle des cieux, celle qui ne brûle pas, celle qui vient du coeur.

Ce geste d'amour spontané, c'était pour me sauver.

Un rappel pour affirmer que ma personne n'indiffère pas, que mon éternelle absence serait source de souffrances.

Je comprends maman mais tu es insaisissable.

Dépourvue d'enveloppe charnelle, comment te serrer contre moi ?

Ta voix est imperceptible.

Ma tête va exploser, mon existence est en chantier, tout est à reconstruire.

" Maman ! Cela me semble insurmontable "

Qui est responsable de ce désastre ?

" Toi ! Toi ! " Hurlent les démons qui veulent m'agripper.

Ces incubes me promettent une prompte guérison des douleurs qui me rongent.

Sauter sans parachute, être un oiseau, toucher le soleil et les nuages.

Ne plus exister, ne plus se torturer.

La maison me dévore, hantée par tant de cicatrices.

J'entends les enfants galoper dans le salon, leurs rires résonnent.

Qui me raisonne ?

La vie, en somme.

Là ?!

Je dialogue avec toi, avec Dieu, avec le néant.

Nul ne répond à mes interrogations.

La Diva m'en veut...

" Coupable ! Monsieur le juge, condamnez-moi à tout sauf au manque d'amour ".

Une larme, deux larmes, cent, puis mille, une " larme " de fond m'emporte.

Je patauge dans les remords, mes pêchés font ployer mon dos.

C'est si simple au fond !

J'y vais, j'y vais pas...

Qui sait ? Les anges des Abbesses me récupéreront-ils au vol.

Je les imagine déployant leurs ailes magnifiques, le regard bienveillant, me sauvant de moi-même.

Un S aime S...

Papa, je t'adore.

Un peu ? Beaucoup ? À la folie ?

Oui ! À la folie.

Ne pas y penser.

Mes archanges sont figés pour l'éternité, leur posture emplie d'altruisme est inaltérable ; offerte à tous ceux qui souffrent.

En équilibre sur mon fil, les seuls spectateurs qui m'observent sont des corbeaux qui se raillent.

Y aller ? Oui ? Non ? Peut-être ?

Peut être ou ne pas être.

Pas ce soir !

L'été tire sa révérence, l'automne dégaine ses bourrasques.

Les feuilles mortes gisent aux pieds des arbres.

Les violons de la nostalgie jouent une mélodie qui me retient au sol.

Mère est une ode d'espoirs pour l'avenir.

Fuir, ne plus revenir ?

Qui aurait l'idée d'agir ainsi ?

La vie est une chance, même tourmentée, elle mérite qu'on s'y attarde.

Le portable vibre, la Prima Donna s'inquiète, ne pas la désespérer.

Le ciel peut attendre.

Texte Protégé Copyright © 2017 Ricardo SANTIAGO

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