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Le départ

par chroniquesterriennes.over-blog.com 15 Septembre 2017, 07:42

Le départ

Le TGV est à quai, tu t'es endormie, mon esprit se lamente, se torture, s'interroge.

Vais-je fermer la porte à ma vie d'avant, son confort si pratique, son biotope maussade, ses duperies ?

Cette relation qui ne cesse de se déprécier ?

Ou, te suivre avec ce packaging que tu m'abandonnes ; de l'amour et une famille toute neuve ?

J'hésite....

Ma diva, nos relations s'étaient dégradées à cause de mes errances impardonnables.

Les mots doux avaient fait place aux maux durs.

Nos vies étaient devenues un terrain miné où nous étions prêts à exploser.

Tes larmes, cependant, m'avaient, de nouveau, ému.

Pourquoi, après tout, ne pas laisser une chance à notre passion encore ardente ?

Ma maison de carton est un fragment d'affect , s'en éloigner, n'est-ce pas une question de survie ?

Le long ver de métal tremble, que faire?

Descendre, fuir, le doute me submerge.

A ton réveil, ne plus être là...

Telle une statut, impossible de bouger, mes pieds de pierre m'empêchent d'avancer.

Mon cerveau me hurle que cette existence dont tu me fais le présent est un cadeau de Dieu.

Je reste....

Tu t'éveilles, des images hantent mon esprit, des souvenirs qui s'égayent, bientôt,dans le néant.

L'appartement est vaste, tes enfants m'accueillent fraternellement .

Dehors, le soleil domine, j'imagine la tête de ma compagne m'attendant en vain.

Étrangement, je ne me réjouis pas de sa supposée peine.

Si seulement elle avait un coeur.

Les jours passent, découverte de tes amis, tes proches, repas, rires, accolades émouvantes.

Je ne suis pas habitué à toutes ces effusions, un peu gêné mais tellement heureux de ces débordements d'affection.

Un soir de tristesse, ta fille vient se blottir contre moi, je ne m'y attendais pas, mes yeux s'embuent.

Ton fils, chaque matin,
me salue en me faisant la bise, suis-je dans une de ces séries télé où l'émotion transpire à chaque image ?

Le soir, peau contre peau, nous ébauchons un monde meilleur puis tes caresses me submergent me menant vers d'éblouissantes délectations.

Dans la nuit, parfois, j'appréhende que notre magnifique aventure cesse brutalement.

Cette terreur froide me ramène à la pension aux lits alignés, aux dortoirs de misère.

" A l'aide ! "

Panique d'être abandonné de nouveau !

Vite ! Chasser ces cauchemars, rien n'altèrera notre roman, la fin ne sera pas chagrine.

Des heures durant, j'admire la mer, tellement chanceux d'être avec vous.

L'avenir, je l'envisage radieux, merci mon Dieu !

Sous les étoiles, main dans la main, nous nous baladons dans la vieille ville puis, nous nous installons à la terrasse d'un troqué.

Tu m'enlaces , je tente de dompter ta bouche gourmande.

Dans tes yeux, mon esprit volontaire se noie.

Remonter à la surface, quelle drôle d'idée !

Je ne désire plus quitter cette onde de bonheur impérissable.

Sur un banc, Paris m'accable, Paris persifle, Paris me fait grise mine.

Le TGV s'est volatilisé par cette sombre matinée, emportant avec lui mes enchantements.

Ma belle endormie, se profile, lugubre, l'instant où tu sortiras de cette ouate rassurante d'évasions.

Sans doute, me chercheras-tu désespérément.

Finalement, je ne suis pas parti avec toi, tournant le dos à ce fol espoir que tu m'offrais.

Dans mon pavillon, ma femme joue la comédie de l'épouse parfaite.

Mon portable sature de tes SMS désespérés, dehors la pluie tombe drue comme si les nuages étaient solidaires de ma déchéance.

Protégé Copyright © 2017 Ricardo SANTIAGO

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