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LE LIVRE

par chroniquesterriennes.over-blog.com 29 Avril 2018, 15:44

LE LIVRE

Il pleut....

Nous décidons de rester à la maison.

Les gouttes d'eau s'échouent sur le velux.

Je referme un livre, un peu dubitatif et décontenancé.

Ce récit d'un type couché au début de l'histoire, paralysé par ses démons mais bien décidé à avancer ( horizontalement ) m'a étonné.

Scrutant son plafond tout blanc, broyant du noir, délaissé sous un ciel gris....L'atmosphère n'est guère rieuse.

Notre héros savoure, nonobstant, le calme retrouvé.

Nul ne vient le déranger, le chapitrer, le morigéner voire le vilipender.

L'écrivain de ce bouquin ne peut s'empêcher de se gargariser de synonymes.

Il se met en scène, pas loin de vouloir se jeter dans la Seine.

Admirateur de lui-même, s'applaudissant, se félicitant, toujours les yeux collés en haut.

Puis, il se fait des accolades...

C'est une manière puérile de se rassurer, de rire de lui-même.

Notre protagoniste trouve une nouvelle occupation ( page 101 ) sous un ciel grognon, chercher des mots aux sonorités en "é "...

Cabinet, trottiner, aimer, chanter, danser, s'épauler, aimer, mémé sait faire du bon café.

Page 202, allongé sous les couvertures, il
tend ses bras, espérant un câlin d'une entité amie.

Rien....

Page 303, notre plumitif comptabilise ses orteils, de gauche à droite et de droite à gauche.

Invariablement, le chiffre 10 ressort ( à boudin ).

Il finit par se lever, vacillant, jetant un œil sur son portable muet comme Bernardo.

Il fait la moue, pas la guerre.

Dans son jardin, il enterre son téléphone, plaçant sur sa tombe une petite croix en bois.

La nuit jette une couverture ténébreuse sur son village silencieux.

À la fin, la Maison de notre triste bonhomme est désertée.

Plus un bruit, un souffle, une demeure nimbée d'un silence mélancolique.

Dehors, les gens évitent de la regarder.

Sur le grillage, une pancarte à vendre est apposée.

Mes amis, ce bouquin m'a collé une migraine terrible.

Je le toise de loin, comme un ennemi.

Du bout des doigts, je le transporte jusqu'à la poubelle de récupération.

J'ouvre grand, la fenêtre, respire un bon coup.

Va falloir se bouger et parcourir désormais des œuvres plus désopilantes.

Texte protégé �Copyright © 2018�Ricardo SANTIAGO

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