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LES CHRONIQUES DE RICARDO 211

par chroniquesterriennes.over-blog.com 29 Juillet 2019, 17:07

LES CHRONIQUES DE RICARDO 211

Samedi après-midi (virgule) visite chez Leroy l’enchanteur Merlin et sa raclette magique.

À ne pas confondre avec Rocco et sa braguette magique.

Le vigile me toise d’un air suspicieux, certainement mon teint hâlé (les verts ou l'hiver).

Lorsque, je pénètre dans l’antre du bricolage, je comprends (enfin) pourquoi je paraissais suspect.

Tous les bricoleurs ici présents ont de l’embonpoint, un ventre très très très rond posé sur des cannes de serins, le tout enveloppé dans un t-shirt moulant et un bermuda sexy.

Alors, évidemment, quand j’arrive avec mon corps d’apollon, pas de graisse, que du muscle, ça peut, effectivement paraître curieux.

Le bricolage, ce n’est pas mon truc, tuyauterie, parquet, peinture, briques, marteaux, tournevis, moquette, papier peint, sont des mots qui m'effraient.

Chacun ses peurs.

Être précautionneux, jouer patiemment du pied à coulisse et laisser ses outils rebondir sur son ventre, pas dans mes cordes.

Je suis plutôt là pour donner des directives. Inspecteur des travaux finis, expert en conseils oiseux et spécialiste du "moi j'aurais pas fait comme ça".

Les menottes dans les fouilles, tranquille, sans plâtre sur les épaules.

J’admire la détermination des ouvriers à badigeonner les murs.

Je contemple de loin.

Que voulez-vous, je préfère astiquer la vaisselle, cuisiner, coudre et passer la serpillère, c’est mon côté féminin.

Ne vous y trompez pas, je n’ai pas pour autant de tendances Village people.

Les courses réalisées, Je suis passé à la caisse, un peu coincé entre deux baudruches gonflées à bloc, la caissière m’a toisé avec dédain.

"Encore un bricoleur du dimanche" a-t-elle pensé... Si elle pense...

Les pots de peinture que j’ai achetés sont pour de jeunes migrants embauchés de fraîche date.

Pas nécessaire de les rémunérer, ils réalisent des prouesses avec leurs pinceaux.

Nous les nourrissons nonobstant avec des chips et quelques litres de mauvais vins, ce qui les comble (justement faudra que j’y pense aux combles).

Ils travailleront les haies, juste après avoir réalisé quelques travaux dans le pavillon.

Pour le reste de l’année je leur trouverai une ou deux occupations.

Faire le Père Noël devant les Galeries Lafayette et récolter un peu d’argent.

A Pâques faire la poule, ils verront comment c’est cool.

Délester quelques touristes de leur porte-monnaie trop garni.

Apporter à mes amis sans papiers, sans pantalon les joies d'un emploi jamais lucratif.

C'est mon Karma !

Je les garde sous contrôle, mon bon cœur me perdra, hélas nul ne semble s'en apercevoir !

Ricardo Santiago le 29 juillet 2019

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