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LES CHRONIQUES DE RICARDO 215

par chroniquesterriennes.over-blog.com 2 Août 2019, 19:30

LES CHRONIQUES DE RICARDO 215

C’est vendredi et le vendredi, je fuis les petites mesquineries.

Quelques collègues croisés font mine de ne pas me voir pour ne point me saluer.

Pas grave, c’est vendredi et le vendredi je souris à la vie.

C’est que, ma bonne Dame et mon bon Monsieur, j’ai payé ma dette à la société.

Dans les geôles de l’est de la région parisienne, entre quatre murs, avec quatre mecs musclés, mal rasés, mal lavés, un peu trop mâles pour tout dire, la vie n’a pas toujours été rose.

Qu’avais-je fait pour me retrouver parmi ces rats ?

J’avais volé les pommes du marchand et zouuuu !!! Au trou.

Bien …

Puis, après quelques semaines à jouer à chat perché avec mes compagnons de cellule, j’ai retrouvé la liberté, le train bondé, le métro bondé, ma boite mail bondée, etc bondé...

Au bureau, les visages étaient mornes, c’était l’automne, les feuilles des arbres jonchaient le sol, il pleuvait, le vent mordait, un temps à se pendre.

Le périphérique déversait ses hordes de pollueurs, saleté et laideur exsudaient de toutes parts.

Pour apporter un peu d’allégresse aux collègues, un peu de musique serait sans doute bienvenue.

Sur mon ordinateur, passage sur YouTube et c’était parti avec la Compagnie Créole.

« C’est bon pour le moral ! C’est bon pour le moral ! « chantait ce joyeux groupe exotique.

Des regards de haine convergèrent vers moi.

Drapeau blanc, calumet de la paix et distribution d’un peu/beaucoup de coke pour tous.

Figurez-vous que, brusquement, l’atmosphère se détendit.

Nous nous tapions sur le ventre, nous blottissions les uns contre les autres, voire plus si affinités.

Quelques heures plus tard, chacun retournait chez soi, la tête embrumée, sans le moindre souvenir de la fête que j’avais organisée.

Mais aujourd’hui, tout cela est loin, c’est vendredi, le jour du poisson et les employés sont plongés dans leurs tableaux Excel, secoués par leur supérieur, malmenés par un environnement qui les affaiblit, les détruit petit à petit.

Pour me divertir malgré tout, je joue aux billes sur le bureau, puis à la pelote basque, puis sprint dans les couloirs…

Mais le temps passe lentement, ok ! Ok !

A la pause, direction Belleville et mes amis revendeurs de substances illicites.

Je les paie en ticket restaurant, ils sont cons et contents.

Retour au boulot…

« T’en veux ? C’est de la bonne qui fait le ménage ».

L’après-midi déroule une ambiance frivole, joyeuse, détendue, les nez sont enfarinés, le rires fusent.

Comme quoi, il en faut peu pour être heureux. Vraiment peu pour être heureux...

Ricardo Santiago le 02 août 2019

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