Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

MA VIE 135

par chroniquesterriennes.over-blog.com 15 Septembre 2018, 18:14

MA VIE 135

Train de 17 h 16, deux jeunes femmes bavassent.

Elles sont face à face, se prenant très au sérieux.

D'après leurs propos, que je décrypte au fur et à mesure que le facteur (auditif) assure, ces perruches sont en couple.

Bla ! Bla ! Bla !

J'ai la sensation d'assister à des monologues successifs.

Pas certain, qu'elles s'écoutent vraiment, au fond.

Ça cause, maison, gamins, et ceci et cela…
Sujets convenus. Une conversation plate comme un trottoir de banlieue.

Visiblement, elles se sont installées depuis peu au fin fond de la Seine et Marne.

Le brouillon de leur vie, n'incite pas au romanesque.

C'est Gonflant Sainte-Honorine.

Patati ! Patata !

L'enfer des maux, des mots, mots, le petit robot, l'ami d'Ulysse (31).

Les copines déblatèrent sur leur papier peint (à ne pas confondre avec le papier pin, 100 pour 100 écho-biche) qui se décolle, la tapisserie, la chaudière, le travail, le jardin, les nains de jardin...

Les sujets évoqués sont hautement instructifs.

C'est Plus belle la vie, en live.

Ou plutôt, poubelle la vie !

Ça sent, les gongs à huiler (les fameux, King-gongs) à coups de burette, la ruine à retaper, l'enfer du quotidien.

Désormais, je connais le prénom de leurs maris.

Chouette !

Si je veux dévorer des chipolatas, j'irais leur apporter de la bière, nous sommes à l'instant, presque intimes.

Il ne me manque plus que les adresses de ces braves gens.

Mes nouvelles amies paraissent tout de même coincées aux entournures.

Malgré leur jeunesse, elles ont déjà, des discours de cacochymes, un modèle de vie bien programmé et peu fantaisiste.

Ça râle comme des ancêtres.

Le trajet est long (et Alain de long en large).

L'ébauche de leur futur hérisse le poil (à mazout).

Les maisons retapées prêtes pour la revente après des années insipides.

Les papas gras, les mamans attaquées par les varices (à ne pas confondre avec l'avarice, mais l’un n’empêche pas l’autre) et les vergetures.

Amour ! Gloire et beauté (ou beau thé).

Puis, s’ils ne se sont pas balancé à la figure toute la vaisselle (j'adore les lave-aisselles), ils finiront par ressasser et se plaindre du temps.

J'aimerais bien secouer ces dames, en tout bien, tout honneur, pour les extirper de ce schéma prophétique d'une existence morose.

Par exemple, mettre les mômes chez les beaux-parents (il faut bien qu'ils aient une utilité) et hop ! Soirée DSK pendant que le pavillon s'effondre.

Ne pas respecter les feux rouges, cheveux au vent, exister avant qu'il ne soit trop tard.

Ne pas avoir de regrets lorsque dans le rétroviseur, défilent les années passées et trépassées.

Je quitte l'endroit et mes voisines de banquette,
" Au revoir ! ".

Vite ! À la maison pour me saouler.

Certes, les peintures ont perdu leur éclat, c'est un peu Beyrouth dans le salon mais je vis joyeusement ce chaos.

… Loin des aventures formatées.

Youpi !

Ricardo Santiago, le 15 septembre 2018.

commentaires

Haut de page