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Promenons-nous dans les bois

par chroniquesterriennes.over-blog.com 7 Septembre 2017, 19:51

Promenons-nous dans les bois

" Loin ! Loin ! Encore un peu plus loin ! "

" Bien ! "

Dans les bois, elle m'a abandonné.

En ce lieu, se dressent des baliveaux
chatouillant les cieux.

Les feuillages sont des barrières infranchissables, interdisant à la clarté de s'y faufiler.

L'environnement enténébré fait peser une lourde chape d'épouvante.

Le sol est un hymne à la vie, jungle miniature où grouillent des insectes se faufilant parmi des champignons replets.

La mousse sera, pour l'instant, ma couche.

Literie d'inconfort et de hantises.

Quelques biches, émoustillées, m'admirent, les cerfs me jaugent tel un ennemi.

Des sangliers glissent leur groin entre les troncs d'arbres afin de distinguer ce bipède étrange.

Ahuri, déboussolé, tremblant lorsque une chouette hulule, le bonhomme n'a pas fière allure.

Prostré, la tête entre mes mains je reconstitue le fil du récit qui m'a conduit dans cet enfer.

Château de banlieue, rires, joie, le bonheur est dans le pré.

Il est aimé, respecté, dorloté.

Figure paternelle, rassurante et autoritaire.

La maitresse des lieux fait de la broderie en chantant d'une voix cristalline.

Des moineaux l'accompagnent, des rais lumineuses glissent le long des murs immaculés.

Pour se déplacer, nos héros empruntent le carrosse de 8H16, très précisément, qui les véhicule au labeur.

Labeur et l'argent du labeur.

On a beau être dans un conte de fées, sans monnaie, nulle survie n'est loisible.

Bref ! Bref !

Tout est bien qui ne finit pas bien.

Notre couple si beaux sur les photos, s'écorne, se blesse, se trahit, se perd, s'ignore dans leur alcôve inhospitalière.

Les enfants deviennent des géants et partent du donjon, l'épouse se flétrit, l'homme,
garde sa silhouette juvénile et cette peau diaphane grâce à sa crème Nivea for Men.

Enfin ! For Man puisque jusqu'à nouvelle ordre, nous n'étions qu' un !

Un jour, surgit hors de la nuit, la grande Dame.

Coup de foudre.

C'est une déesse qui a du verbe, l'allure altière, une petite fille sage, délicate, sensuelle avec des yeux couleur gazon fraîchement coupé.

Ils tombent en amour, font des exercices physiques aux quatre coins de la capital dans des hôtels étoilés.

La literie et les draps s'en souviennent encore.

Un beau matin, le mari quitte sa demeure sous les hurlements, les invectives de son épouse et un lancé d'oiseaux morts, doux et délicats, quoi que un peu refroidis.

La Diva ainsi que notre protagoniste choisissent un nid, les plumes tourbillonnent, les ressorts grincent, les vêtements s'étalent sur le parquet.

Plus nus, qu'habillés, la délectation est au bouti du caleçon.

Mais !

La belle est très jalouse lorsque son amant reluque les jambes de demoiselles peu farouches.

Scènes de ménage, cris et châtiments !

Ils s'adorent mais mal ou mâle selon les jours.

Son " Prince-sans- rire", essaie de se racheter en offrant des bouquets de fleurs, des bijoux, genoux, hiboux, cailloux.

L'apaisement suspend un temps la guérilla.

Puis, ça recommence encore et encore, c'est que le début, d'accord ! D'accord !

Mais qui est ce grand corps beau noir ? Chantait Ringo !

Dans un décor de désespoir, pleurs, tristesse ennemie, que n'avons-nous vécu que pour cette infamie !

Finalement, l'homme décide de partir pour calmer l'atmosphère.

Atmosphère ! Atmosphère !

Ai-je une gueule d'atmosphère ?

L'éloignement devrait cicatriser les plaies.

Pauvre de lui , errant dans un vaste désert affectif.

Sa flamme intérieure s'éteint en songeant à celle à qui il voue un amour éternel.

Un jour, à 11H02, alors qu'il se lime les ongles des pieds, un parchemin lui parvient.

Sa déesse veut renouer, émotion, mais pas sous le même toit.

Toit et moi ?

Toit émoi ?

Il grimpe sur sa monture, file promptement rejoindre la Divine.

Et ?!

Elle lui narre des allégories enchantées où les gens ne se retrouvent que pour se vénérer, sans contraintes, chacun chez soi et les poules seront bien gardées.

Où les veaux ?

Parce que je le vaux bien !

Ils se sont promenés dans les bois, le loup n'y était pas.

Tout droit,a-t-elle dit...Loin ! Loin ! Plus loin !

Et ?

Vous me retrouvez, là, dans cet enfer vert, envers et contre tout.

Mon coeur est une éponge, mon âme une serpillère, ma chair est en jachère.

Pour m'occuper, grommelant comme un vieux, je joue aux billes avec des glands.

Les animaux s'apprivoisent, patiemment.

Avec le temps, ils deviendront de charmants compagnons.

On se retrouvera ma princesse, de temps à autre, uniquement pour jouir de l'existence.

Aimer c'est donc ça ?

Texte Protégé Copyright © 2017 Ricardo SANTIAGO

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