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Solitude

par chroniquesterriennes.over-blog.com 9 Septembre 2017, 17:41

Solitude

Elle doit bien rire s'amusant dans son appartement dont l'adresse reste énigmatique.

Je constate la portée de ma tâche, en jaugeant les kilos de papier à véhiculer à la déchèterie et ces vieux meubles bradés à casser à coups de marteau.

Mes yeux s'écarquillent devant la quantité de babioles en tout genre, habillées de poussière.

Au secours !

Que fait-elle de son côté ?

Pas le ménage !

Traumatisée, à n'en point douter, Madame fuyait cette laborieuse activité.

Sans doute, rencontre-t-elle des gens mais uniquement de sexe masculin.

Pendant ce temps, maussade, paumé, j'erre dans cette chaume chaotique.

Les photos jaunies m'apportent amertume ainsi que désappointement , me happant vers un passé lénifiant qui me rassurait.

Maman a un magnifique sourire mais elle est partie, Carmen, son amie, partie, ma soeur partie...

Je palabre avec des morts, le moral en prend un coup, forcément.

Les mômes sont ailleurs, sans trop se soucier de mon accablement grandissant.

Nul ne m'entend crier.

Encore moins, susurrer de longs monologues abscons.

Les murs de la maison me semblent lépreux, tout cet environnement qui se déglingue est une insulte à mon regard.

La décrépitude gagne du terrain.

Surtout !

Ne pas s'informer des actualités oppressantes.

Tout le monde est beau, tout le monde est gentil.

Ma Diva est éteinte, vivante mais yeux clos.

Je lui envoie des messages, aimerais tant ne pas être sage.

Condamné à l'ascétisme !

Que me reste-t-il ?

Dieu....

Chaque jour, une prière jetée en l'air.

Cette entité nébuleuse qui lit les âmes, doit m'observer, dubitative.

Ce Seigneur insaisissable sait à quel point ma bonté est immense.

Il m'arrive, parfois, généreusement, de donner 50 centimes d'euros à un indigent.

Pourquoi les cieux ouatés m'interpellent-ils ?

Les balades, le long des précipices , me poussent à l'introspection.

Un saut, un seul !

Soudain ! Plus de soucis.

Nonobstant, mon corps me retient.

Mon cerveau se refuse de finir en bouilli, mon instinct de survie est en alerte, une forme de lâcheté me colle au sol.

Tant bien que mal, m'accrochant à la rambarde, naviguant sur une onde opaque et terrifiante , je continue mon périple, implorant que mon calvaire cesse.

Texte Protégé Copyright © 2017 Ricardo SANTIAGO

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